FIFDH – Festival du film et forum international sur les droits humains Genève

Festival film droits humains Genève 2019
Manon Schic, Isabelle Gattiker, Yves Daccord

La 18e édition FIFDH Festival du film et forum international sur les droits humains prévu du 6 au 15 mars 2020 dans 65 lieux du Grand Genève et de Suisse romande est annulée.

L’exposition d’Ernest Pignon-Ernest et Lyonel Trouillot : les murs du lendemain au CAIRN de Meyrin du 7 au 23 mars (Vernissage : mercredi 11 mars à 17h), plus et l’exposition de LaToya Ruby Frazier, l’artiste afro-américaine, une des photographes les plus marquantes de sa générationréalisée entre 2001 et 2014 autour de trois générations de femmes – sa grand-mère, sa mère et elle-même – du 12 février au 18 mars au Centre de la photographie, plus sont maintenus, tout comme des projections spéciales au Graduate Institute de Genève.

Avec près de 200 évènements et 280 intervenants du monde entier, il est l’évènement international le plus important dédié au cinéma et aux droits humains. Le Festival propose le meilleur du cinéma consacré aux droits humains, des débats, des rencontres mais aussi des expositions, du théâtre, de la bande-dessinée, un opéra et un hackathon. L’édition 2020 sera marquée par l’urgence climatique. Il mettra à l’honneur le grand plasticien et dessinateur Ernest Pignon-Ernest, pionnier du street art.  Il est chapeauté par la Fondation FIFDH, présidée par Bruno Giussani, avec un budget de 2,1 millions de francs et le soutien de 180 partenaires internationaux, en photo avec Isabelle Gattiker, directrice du FIFDH.

  • Urgence climatique: mobilisation des jeunes avec les activistes Océane Dayer et Anuna de Wever, collapsologie avec l’auteur Pablo Servigne, écologie décoloniale avec le chercheur Malcom Ferdinand, géopolitique avec l’universitaire François Gemenne ou rôle du droit et de la justice dans la lutte contre le réchauffement climatique avec l’avocate Irène Wettstein. L’activiste brésilienne Claudelice Da Silva Santos témoignera de la situation en Amazonie et se rendra à Berne pour porter son message auprès des parlementaires suisses.
  • Des révoltes citoyennes ont agité plus de 50 pays: Alaa Salah et Tahani Abass, figures de la révolution soudanaise, témoigneront du rôle-clé joué par les femmes lors du mouvement qui a provoqué la chute d’Omar al-Bashir. La mobilisation à Hong Kong avec le militant Amon Yiu Yeuk-wa et Kenneth Roth, directeur de Human Rights Watch. La contestation sociale et politique en Haïti avec l’écrivain Lyonel Trouillot, la mobilisation contre la corruption du système de santé en Roumanie avec le documentaire Colectiv, et la révolution de velours en Arménie avec I Am Not Alone, puissant film tourné par Garin Hovannisian dans les pas de Nikol Pachinian, leader du mouvement.
  • Débat sur les violences policières en démocratie avec Assa Traoré, militante et sœur d’Adama Traoré, mort en 2016 étouffé lors d’un placage ventral par trois gendarmes, le court-métrage de Ladj Ly, 365 Jours à Clichy-Montfermeil, tourné lors des émeutes françaises en 2005. Les attaques contre les journalistes et la liberté d’expression avec la journaliste turque Hatice Cengiz, fiancée de Jamal Kashoggi, ainsi que la rapporteuse spéciale de l’ONU Agnès Callamard. La célèbre journaliste mexicaine Carmen Aristegui, brutalement congédiée pour avoir dénoncé un scandale de corruption, et protagoniste du film Silence Radio de Juliana Fanjul, elle diffusera en direct depuis les locaux de la RTS son émission de radio écoutée par des millions de Mexicains.
  • Parole aux artistes, au caricaturiste chinois Badiucao qio racontera son combat pour déconstruire les pouvoirs autoritaires. L’écrivain turc Burhan Sönmez présentera son roman Labyrinthe (édition Gallimard). Le romancier égyptien Alaa al Aswany s’exprimera dans le cadre de la Société de Lecture et Jonathan Coe, écrivain majeur et chroniqueur de l’Angleterre contemporaine, s’exprimera pour la première fois en Suisse et parlera du rôle de l’humour et de la satire dans son œuvre littéraire. Joe Sacco livre de prodigieuses enquêtes graphiques mêlant bande dessinée et journalisme. La sculptrice Prune Nourry présentera son film Serendipity, produit par Darren Aronofsky et Angelina Jolie.
  • Le cinéma au plus proche de la réalité: Made in Bangladesh de Rubaiyat Hossain raconte la lutte de travailleuses du textile low-cost et sera le film d’ouverture du Festival (projections gratuits à Meyrin et Confignon). La sélection fiction comprend également Yalda, La nuit du pardon, film iranien de Massoud Bakhshi, Grand Prix du Jury au Festival de Sundance (en présence du réalisateur mercredi 11 mars), The End Will Be Spectacular, du kurde Ersin Çelik, sur le siège meurtrier du sud de Diyarbakir par l’armée turque (en présence du réalisateur), ou Nuestras Madres de César Díaz, film primé à Cannes qui revient sur les heures sombres du Guatemala. Le Festival montrera également The Cave, documentaire de Feras Fayyad tourné dans la Ghouta assiégée et nommé aux Oscars, en présence de sa protagoniste, la Doctoresse Amani Balloor (lundi 9 mars, Maison de la Paix). A voir également Learning to Skateboard in a Warzone (If You’re a Girl) de Carol Dysinger, Oscar 2020 du meilleur Court-métrage documentaire (projections gratuits organisé par l’Hospice général). Le légendaire monteur Walter Murch (Apocalypse Now) donnera une Masterclass co-présentée par la HEAD autour du film Coup 53 de Taghi Amirani (9 mars, 16h). Diego Luna, acteur mexicain multiprimé et engagé, viendra dénoncer l’impunité qui règne au Mexique et mettre en avant les initiatives citoyennes.

Rendez-vous ce samedi 7 mars à 11h sur la plaine de Plainpalais pour une installation spectaculaire de Dan Acher : We Are Watching, un œil colossal de 30 mètres de large composé de milliers de portraits et messages envoyés du monde entier à l’adresse des dirigeants, y sera hissé. Plus.

Archives: les Editions passées

17e FIFDH – Festival du film et forum international sur les droits humains du 8 au 17 mars 2019 dans 62 lieux du Grand Genève et en Suisse romande

Festival du film et forum international sur les droits humains 2019 Genève

Mohammad Ali Atassi, discussion autour de Still Recording

Palmarès 2019 – dans la Section documentaires en création: Grand Prix de Genève: Delphine et Carole, insoumuses de Callisto Mc Nulty qui rend hommage à Delphine Seyrig et Carole Roussopoulos, cinéastes féministes, joyeuses et radicales des années 70. Prix Gilda Vieira de Mello offert par la Fondation Barbara Hendricks pour la Paix et la Réconciliation: On her shoulders d’Alexandria Bombach saluantl’extraordinaire engagement de la réalisatrice auprès de Nadia Murad dont le courage et l’opiniâtreté ont bouleversés le jury. Prix du Jury des Jeunes Documentaire: Still Recording de Saaed Al Batal et Ghiath Ayoub, tourné dans l’enfer de la Ghouta – dans la Section fiction: Grand Prix Fiction, offert par la Fondation Barbour: The Boy Who Harnessed the Wind, premier long métrage du comédien britannique Chiwetel Ejiofor (12 Years a Slave). Prix du Jury des Jeunes Fiction: Carmen & Lola de Arantxa Echevarría mettant à l’honneur des femmes fortes et libres. Section Grands Reportages – Prix de l’OMCT: Congo Lucha de Marlène Rabaud qui allie moments poignants et humour, pour montrer une image différente d’un pays accablé par plus de 20 ans de conflit en mettant à l’honneur les jeunes militants pacifistes de La Lucha, en RDC.

Rencontres, vernissages et Forum international (film et débat) ce samedi 9 mars 2019

Festival du film et forum international sur les droits humains 2019 Genève

Julie Trebaul, Eddy Munyaneza

Rencontre autour de « Filmmakers at Risk » aux Cinémas du Grütli: Julie Trébault – jury compétition documentaire de création du festival –  directrice d’Artists at Risk Connection (ARC), qui a créé il y a deux ans suite au message de Pen America (qui s’engage pour des écrivains) que de plus en plus d’artistes et cinéastes se trouvent en péril en débat avec Eddy Munyaneza, réalisateur burundais qui a fait appel à l’organisation pour pouvoir sortir de son pays et qui réside désormais en Belgique.

Rencontre avec Bruno Boudjelal, photographe, Espace Pitoëff, interviewé par Isabelle Gattiker, directrice du festival.

Festival du film et forum international sur les droits humains 2019 Genève

Bruno Boudjelal, Isabelle Gattiker

Artiste à l’honneur de cette 17ème édition, le photographe franco-algérien Bruno Boudjelal investit les rues de Genève avec Ne mourrons pas fatigués, un projet qui met en lumière des habitants du Canton du 2 mars au 20 mars zone piétonne rue du Mont-Blanc. Il s’est toujours questionné sur sa propre identité, lui qui a découvert l’Algérie, le pays de son pays, à l’âge de 32 ans. Inspiré par ses explorations personnelles, il a forgé une démarche singulière qui entremêle la mémoire collective, l’autobiographie, le documentaire, la couleur et le noir et blanc. Régulièrement publié dans la presse internationale et lauréat de prix prestigieux, son travail fait l’objet de 6 monographies et de nombreuses expositions à travers le monde. En parallèle à admirer l’exposition Le traversée des apparences du 9 mars au 7 avril au Cairn, espace culturel, Meyrin

Thierry Dana

Inauguration samedi 9 mars à la Maison des arts du Grütli de l’exposition photographique de Thierry Dana: Être et Avoir du 8 au 17 mars à la Maison des arts du Grütli. Sous le titre Être et Avoir il nous propose le témoignage qu’il a recueilli à la rencontre des réfugiés dans les 4 centres de l’Hospice général. Il y a juste un objet et un texte en quelques lignes dévoilent leurs histoires ce qu’ils ont vécu pour venir chez nous, pas d’images de la personne. Les plus chanceux des ces migrants, hommes, femmes ou enfants, auront emporté dans leur fuite cet trait d’union minuscule à leur vie d’antan. Lazare, Gol Mohamed et les autres ont gardé un peigne, un gant de toilette ou même un slip ou comme ce réfugié aveugle au Centre Grand Saconnex qui a remporté une photo de sa maman. Un trésor arraché du péril. Ces objets parfois triviaux mais chargés d’une valeur affective inestimable sont chargé d’une valeur inestimable. Vainqueur en 1981 de l’émission La course autour du monde, Thierry Dana a gardé de cette aventure sa passion de l’image, son gout du voyage et un intérêt sincère pour les autres cultures. Après avoir mené un carrière dans le monde bancaire, il a obtenu un diplôme de photographe à l’IEFC (Barcelone). Aujourd’hui il met son expérience au profit d’organisations dont il partage les valeurs et a exposé en France et en Espagne.

Festival du film et forum international sur les droits humains 2019 Genève

Nada Daam, Arzu Geybulla, Kiran Nazish, Celia Heron

Tous les débats du Forum ont été diffusés gratuitement et en direct sur le site www.fifdh.org et le hashtag #fifdh2018 a permis aux spectateurs de poser leurs questions depuis le monde entier. Le Forum a débuté samedi 9 mars en abordant le cyberharcèlement des femmes journalistes a fait l’objet d’un débat en présence de la journaliste Nadia Daam, première française à avoir réussi à obtenir la condamnation de deux de ses harceleurs en ligne, en débat avec Arzu Geybulla, journaliste freelance, Azerbaïdjan et Kiran Nazish, Directrice et fondatrice de The Coalition For Women in Journalism, Pakistan, modération: Celia Heron, journal Le Temps.

Festival du film et forum international sur les droits humains 2019 Genève

Arnoldo Galvez Suarez – Lenina Garcia – Ivan Velasquéz Gomez – Juana Baca Velasco

Les débats du Forum se sont clos dimanche 17 mars avec entre autres Guatemala: pour la mémoire contre l’impunité avec Lenina Garcia, Association des étudiants Oliverio Castañeda de Leon, Ivan Velasquéz Gomez, juriste et diplomate Colombien et Juana Baca Velasco, Directrice de l’Association des organisations de femmes Ixhiles de Chile, modération Arnoldo Galvez Suarez, journaliste.

Tim Berners-Lee (inventeur du Web) et Gordon Brown

Parmi les 300 invités: Le comédien Forest Whitaker (Bird, Ghost Dog, Black Panther) fondateur de la Forest Whitaker Peace Initiative (FWPI) abordera aux côtés de la jeune activiste Magdalena Nandege la question de la construction de la paix au Soudan du Sud, lors d’une soirée co présentée par Interpeace. Le cinéaste cambodgien Rithy Panh, primé dans le monde entier et nommé aux Oscars, présentera Les Tombeaux sans noms, nouvel opus de sa fresque cinématographique consacrée au génocide des Khmers rouges. La cinéaste brésilienne Petra Costa montrera The Edge of Democracy, consacré à l’ascension et la chute de Dilma Rousseff. En partenariat avec le CERN, le créateur du Web Tim Berners-Lee a été présent à l’occasion de cet anniversaire aux côtés de Bruno Giussani, curateur international des conférences TED et de l’activiste kazakhe pour le libre accès à la connaissance Alexandra Elbakyan

Festival du film et forum international sur les droits humains 2019 Genève

Amos Gitaï Riccardo Bocco

Pour la 4e fois, le FIFDH a collaboré avec 60 lieux du Grand Genève dans des Maisons de quartier, musées, salles de sport, cafés, hôpitaux, salles communales, centres d’accueil, théâtres, restaurants, écoles pour offrir des évènements gratuits.

Festival du film et forum international sur les droits humains 2019 Genève

Maryke Osterhoff, FIFDH

En photo la programmatrice des manifestations hors murs: Maryke Osterhoff 

Festival du film et forum international sur les droits humains 2019 Genève

Fred Baillif et protagonistes

Comme ici à Chêne-Bourg au Point Favre après la projection du dernier film Un tramway à Jérusalem du cinéaste israélien Amos Gitaï la discussion avec Riccardo Bocco, professeur de sociologie politique à l’IHEID de Genève et François Garaï, rabbin de la communauté juive libérale de Genève autour du film et des enjeux du tramway pour les territoires israéliens et palestiniens. Ou bien le débat, après la projection de la fiction La Preuve scientifique de l’existence de Dieu en présence du réalisateur genevois Fred Baillif et les protagonistes: inspirée du vécu de ces derniers à 20 ans quand ils étaient objecteurs de conscience et à 70 ans reprenant le combat pour militer pour un monde sans armes


Festival film et forum international droits humains affiche Li We16e FIFDH – Festival du film et forum international sur les droits humains du 9 au 18 mars 2019 dans tout le Grand Genève et en Suisse romande

Le public s’est déplacé en masse à Genève pour venir rencontrer les artistes, cinéastes, activistes et personnalités politiques présents pour la 16ème édition du Festival du film et forum international sur les droits humains pendant 10 jours du 9 au 18 mars au Pitoëff, Maison Communale de Plainpalais. Au programme 62 films, 19 débats internationaux, 63 soirées spéciales ainsi que 19 expositions à travers 57 lieux du Grand Genève et la Suisse romande. A l’honneur de cette 16e édition: Hommage à Azzia Soliman, figure du combat pour les droits des femmes en Egypte. Parmi les invités entre autres la super star Hollywoodienne l’actrice Vanessa Redgrave qui va présenter son documentaire Sea Sorrow (lundi 12 mars), l’artiste chinois Ai WeiWei (dimanche 18 mars) entre autres. Le FIFDH a présenté une sélection cinématographique internationale de haut vol, et des films présentés en première mondiale, internationale, ou européenne.

Elisabeth Decrey-Warner – Caroline Abu Sa’Da – Cécile Allegra – Céline Bardet – Ramadan Alamami – Rabei Dahan

Le FIFDH s’affirme en 2018 comme un espace de dialogue d’un genre nouveau sur les droits humains ; un forum ouvert, constructif et indépendant pour faire entendre la pluralité des voix: avec son film Libye – Anatomie d’un crime, présenté en première mondiale, Cécile Allegra exposait au grand jour les viols perpétrés de manière systématique sur des femmes et des hommes dans les prisons libyennes. A l’occasion de cette soirée, un défenseur libyen a montré son visage et pris la parole pour la première fois. (de gauche à droite: Elisabeth Decrey Warner, Présidente d’honneur de l’Appel de Genève, Caroline Abu Sa’Da, Directrice de SOS Méditerranée Suisse, Cécile Allegra, Réalisatrice de « Libye – Anatomie d’un crime », Céline Bardet, Juriste internationale spécialisée dans les crimes de guerre, Présidente et Fondatrice de WWoW, le traducteur et Ramadan Alamami, Enquêteur et défenseur des droits humains et Rabei Dahan, journaliste, responsable films d’animation pour le programme El Kul Libya de BBC Media Action). Le film:  Anatomie d’un crime a d’ailleurs été récompensé dans la section Grands Reportages avec un soutien à l’écriture d’un prochain film: Cécile Allegra dissèque le paradoxe doublement injuste de la torture – en plus d’avoir été torturées, les victimes sont enfermées dans le silence. Car elles ne peuvent comprendre ce qu’elles ont subi, par peur de représailles et à cause de la honte qui les accable, surtout en Libye quand la torture est sexuelle. Ce film montre combien le travail des enquêteurs pour rendre justice est vital pour soulager ces victimes et prévenir de nouveaux crimes.

Guy Delisle

Le public a eu l’occasion de voir ou revoir les films primés le dimanche 18 mars aux Cinémas du Grütli

Cette édition du Festival aura été marquée par l’exploration de nouveaux formats. La bande dessinée, avec une résidence d’artiste, une exposition et une rencontre avec le bédéiste Guy Delisle, artiste à l’honneur de cette édition. Le théâtre, avec la lecture dans leur langue maternelle par quinze femmes (dont l’auteure elle-même) de l’ouvrage de Chimamanda Ngozi Adichie Chère Ijeawele, ou un manifeste pour une éducation féministe. La littérature, avec l’écrivain égyptien Omar Robert Hamilton, présent à Genève pour la sortie en français de son dernier roman, La Ville gagne toujours, en partenariat avec le FIFDH. Le Festival s’est également ouvert au stand up, à la réalité virtuelle, et a proposé plusieurs séances destinées au jeune public.

festival film forum droits humains live Magazine

l’équipe du quotidien Le Temps pour le live Magazine

Patrick Chappatte, dessinateur de presse

Un Live Magazine pour les 20 ans du Temps vendredi 18, Espace Pitoëff, avec des contributions de Sylvain Besson: Ma source, Arnaud Robert: J’adore le yodel, Valérie Cordy: Tous les jours 20 ans, Cécile Allegra: Anatomie d’un crime, Anne Georget: Recettes pour rester vivant, Eléonoare Sulser: Rouge comme un samedi, Pierre Liebaert: L’homme et la bête, Caroline Christianaz: Comme une avalanche, Matthieu Gafsou: Transhumains, Chappatte: Dessin du jour et le saxophoniste et compositeur Ganesh Geymeier. Talking HEADs, rencontre avec Lav Diaz, cinéaste (en anglais, entrée libre) vendredi 16, Maison du Grütli.

Maryam Al-Khawaja, Michel Forst, Gunilla von Hall, Ana Maria Rodrigues-Valencia, Gerald Staberock

De magnifiques films et documentaires qui mettent en avant entre autres l’engagement de la société civile pour les droits de l’homme, à l’example de l’activiste Silas Siakor contre un pillage systématique au Libéria dans le film: Silas de Anjali Nayar & Hawa Essuman, suivi du débat Défendre les défenseurs samedi 10 mars en présence Maryam Al-Khawaja, vie-présidente du Centre bahreïni pour les droits de l’homme, Michel Forst, rapporteur Special des Nations Unies sur la situation des défenseurs des droits de l’homme, Ana Maria Rodriguez Valencia, directrice de International Advocacy à la Commission colombienne des juristes et Gerald Staberock, secrétaire général de l’OMCT. Modération par Gunilla Von Hall, journaliste suédoise.

Côté France, à noter le documentaire: A Better Man mardi 13 mars à 20h, Espace Louis Simon, Gaillard (entrée libre dans le cadre du Partage des Savoirs) et Stranger in Paradise à 20h30 samedi 17 mars au Théâtre de Bordeau, Saint-Genis Pouilly.


Le FIFDH Festival du film et forum international sur les droits humains a fêté ses 15 ans du 10 au 19 mars 2017

Tawakkol KarmanDevenu l’événement le plus important pour le cinéma et les droits humains à travers le monde, le FIFDH réunit, du 10 au 19 mars 2017, 300 invités de 62 pays et propose 134 évènements au coeur de Genève pendant la session principale du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Au programme pendant 10 jours projections, débats, conférences, lectures, théâtre, musique, arts plastiques et photographie, à travers 45 lieux du Grand Genève, à Lausanne, Orbe, Bienne et dans la Vallée de Joux. Le Forum a abordé, à travers 19 débats publics de haut niveau: les guerres au Yémen, avec Tawakkol Karman, Prix de la Paix 2011 (en photo à gauche), et en Syrie, avec Stephen Rapp, ancien haut responsable de l’administration Obama et ancien procureur au Tribunal pénal international pour le Rwanda et en Sierra Leone.
Plusieurs personnalités de premier plan ont assisté au festival: L’ancienne présidente du Brésil Dilma Rousseff pour le Forum: Combattre la faim et la misère: les exemples du Brésil et de l’Inde samedi après-midi, suivi d’une conférence de presse (photo prise pour nous par Miguel Bueno), la Secrétaire générale de la Francophonie Michaëlle Jean, qui viendra ouvrir le Festival et remettre le prix Martine Anstett, et Cédric Herrou, agriculteur de la Roya, pour le débat «Migrations, le temps de la désobéissance? Channel 4 présentera la première mondiale de son film-événement Syria s Disappeared: The Case Against AssadPinar Selek. La journaliste Manon Loizeau montrera, en première mondiale, Silent War un documentaire coup de poing tourné en Syrie. Ghost Hunting de Raed Andoni, qui vient de recevoir le Prix du meilleur documentaire à la Berlinale sera projecté en présence du cinéaste et de deux protagonistes, tous anciens détenus dans la prison israélienne de la Moscobiya.

Le premier week-end a été consacré pour une grande partie au conflits du monde arabe: Syrie, Iran, Irak, Afghanistan et au conflit israélo-arabe avec des forums (des débats autour d’un film et d’un sujet). Le festival s est préoccupé de l’avènement d hommes forts, comme en Turquie, avec la sociologue et dissidente turque Pinar Selek (photo à gauche): L’écrivaine et sociologue turque, militante pour les droits de femmes, des Kurdes et des Arméniens, est réfugiée en France, où elle enseigne les sciences politiques à l’Université de Nice, est membre du jury, a participé au débat d’ouverture du Festival: Turquie, l’inquiétante transformation d’Erdogan et la projection du film: Erdogan, l’ivresse du pouvoir de Guillaume Perrier et Gilles Cayatte vendredi soir et était l‘invité samedi à la Bibliothèque de la Cité autour de ses livres, dont quatre ont été publiés en français, Loin deDaniel_Bar-Tal_Ali chez moi…mais jusqu’où? (2012), La maison du Bosphore (2013), Devenir homme en rampant (2014) et Parce qu’ils sont Arméniens (2015).

Leo KanemanStephen ApkonCarte blanche à Leo Kaneman, Président d’honneur et Fondateur du FIFDH (photo) qui a présenté le film: Disturbing The Peace de Stephen Apkon (photo) et Andrew Young dans le forum: Israéliens et Palestiniens contre l’occupation suivie d’un débat avec Ali Abu Awwad, activiste et pacifiste palestinien, fondateur du mouvement national non-violent Taghyeer/Change et de la Roots initiative et Daniel Bar-Tal, Professeur émérite de l’Université de Tel-Aviv, fondateur de l’ONG Save Israel Stop the Occupation (SISO), modération Claire Doole, ancienne correspondante de la BBC (photo). A noter dans ce contexte: Marching For Peace: Can Woman Revive the Israeli-Palestinian Peace Process? table ronde en anglais à 19h le 22 mars au Graduate Institute, Auditorium Ivan Pictet à Genève

Hommage_John_BergerHommage à John Berger. Eloge du regard vendredi 17 mars en présence de Nancy Huston à 21h30 à Espace Pitoëff. John Berger, immense écrivain, essayiste, romancier et critique d art britannique, qui vient de nous quitter, a vécu pendant 50 ans tout près de Genève. Une soirée en toute liberté, avec des films, des lectures de textes inédits, et des discussions — en français et en anglais — proposée par Katya Berger (auteure et journaliste), Jacob Berger (cinéaste), Yves Berger (peintre), Aude Py (scénariste) et Tom Overton (éditeur et biographe de John Berger) en photo à gauche.
Les nouvelles technologies ont été débattues lors de la soirée Il était une fois la vie privée, en présence de l’avocat Max Schrems, qui a gagné un procès contre Facebook. Des ouvriers chinois sont venu dénoncer leurs conditions de travail lors du débat Sur nos téléphones et nos tablettes, les doigts de la honte. Une soirée au CERN, en présence de Yves Daccord, directeur général du CICR, ainsi que des représenants de l’EFPL, du HCR et de Swissnex, ont débattu de l’avenir de la région lémanique comme possible Silicon Valley de l’humanitaire.

Barbara_Polla_Mounir.Inauguration dimanche soir de de l’exposition Under the Skin, en partenariat avec la galeriste Barbara Polla (Galerie Analix Forever, en photo à droite) avec installation du président du Jury, le plasticien et vidéaste marocain Mounir Fatmi, (en photo à gauche) une oeuvre originale de l’artiste, créée spécialement pour la Maison des arts du Grütli, traitant de manière frontale de la désacralisation de l’objet religieux et de la fin des idéologies.

Tous les débats du Forum ont été diffusés gratuitement et en direct sur le site www.fifdh.org et le hashtag #fifdh2017 permettra aux spectateurs de poser leurs questions depuis le monde entier.
Cette édition a été dédiée à Keywan Karimi, brillant jeune cinéaste iranien, détenu à la prison d’Evin et condamné à 223 coups de fouets pour son film Writing on the city. Son nouveau long métrage, Drum, est présenté en Compétition internationale.

Palmarès

Zytoon_Kanaan_GattikerZytoon

 

 

 

 

 

 

 

Grand Prix de Genève offert par le Canton et la Ville de Genève dans la section Documentaires de création, remis par  Sami Kanaan (Conseil administratif de la Ville de Genève) à The War Show de Andreas Dalsgaard et Obaidah Zytoon, Danemark/Finlande/Syrie, 2016.Andre Gribi

Film de mémoire, film de combat The War Show porte haut les valeurs de la liberté. Obaidah Zytoon (en photo) et Andreas Dalsgaard racontent de l’intérieur le courage d’une génération. Ce film reste marqué en nous pour nous rappeler la beauté de l’engagement. C’est aussi un magnifique hommage à ceux que la répression a englouti.

A droite: remerciement à André Gribi, responsable de logistique et technique du FIFDH pour ses fidèles services par Isabelle Gattiker, directrice du FIFDH.

Raoul Peck Barbara HendricksRaoul PeckPrix Gilda Viera de Mello en hommage à son fils Sergio Vieira de Mello, offert par la Fondation Barbara Hendricks pour la Paix et la Réconciliation à I Am Not Your Negro de Raoul Peck, Etats-Unis/France/Belgique/Suisse, 2016. En réveillant la figure de l écrivain James Baldwin, le film donne à entendre l intelligence face à la brutalité. Le mariage des voix, des images d archive, de la musique forme un objet artistique puissant et envoûtant. Dans une période où les préjugés et le racisme s expriment sans honte à visage découvert, la voix de Raoul Peck nous rappelle l’urgence de ce long combat pour l égalité.

Prix du Jury des Jeunes, offert par la Fondation Eduki à The Good Postman de Tonislav Hristov, Finlande/Bulgarie, 2016. En racontant l’histoire d’un postier dans un village bulgare qui s engage en faveur de l accueil des migrants, Tonislav Hristov transmet avec émotion et humour le projet utopique de ce héros atypique. Une thématique au coeur de l’actualité qui représente avec brio les enjeux qui s’opposent à nos frontières. Sanjeewa PushpakumaraSanjeewa Pushpakumara La forme originale du film, se rapprochant parfois de la fiction, ainsi que l esthétisme des images contribuent à poétiser cette quête perdue.

Grand Prix Fiction et Droits Humains Offert par la Fondation Hélène et Victor Barbour et Prix du Jury des Jeunes, offert par Peace Brigades International à Burning Birds de Sanjeewa Pushpakumara (photo à droite), Sri Lanka/France/Pays-Bas/Qatar, 2016. La condition d une femme seule face aux inégalités et son image dans la société, face à la pauvreté et face à un pouvoir politique Manon LoizeauStaberoktotalitaire et corrompu a provoqué chez le jury des sentiments de révolte et d’indignation. Il a décidé de récompenser ce film fort, révolté et à l’esthétique puissante, soulignant notamment les paysages, les couleurs et les tons lumineux, les contrastes magnifiques ainsi que la récurrence de différents plans.

Grand Prix de l’OMCT, décerné par le Jury de l’Organisation Mondiale Contre la Torture, attribué à un cinéaste dont le film témoigne de son engagement en faveur des droits humains, pour soutenir l’écriture de son prochain film a été attribué par Gerald Staberock à Silent War de Manon Loizeau, co-auteure Annick Cojean, France, 2017.  Silent War traite avec subtilité, pudeur et une incroyable puissance la thématique du viol utilisé comme arme de guerre qui, bien qu’elle soit trop souvent ignorée et reléguée au second plan, continue d affliger nombre de femmes, communautés et de pays dans le monde. Et la double peine qui pèse sur la victime est le comble de l’horreur. En plus d’être convaincant et factuel sans montrer une seule scène des atrocités infusibles, l’appel au secours de ce film est une oeuvre d art digne d être connue du plus grand nombre. ©JLNabet