Toulouse-Lautrec à la Belle Epoque – French Cancans, une collection privée du 1er décembre 2017 au 10 juin 2018 à la Fondation Pierre Gianadda à Martigny

Exposition Toulouse Lautrec Fondation Gianadda MartigyJane Avril, lithographie au pinceau et au crachis, impression en cinq couleurs

Toulouse-Lautrec à la Belle Epoque, oeuvres graphiques du 1er décembre 2017  au 10 juin 2018 à la Fondation Pierre Gianadda à Martigny

Henri de Toulouse-Lautrec

La Fondation Pierre Gianadda expose pour la première fois en Europe, une collection privée européenne exceptionnelle qui compte en particulier plus d’une centaine d’affiches et d’estampes choisies parmi les feuilles les plus spectaculaires d’Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901). Fils de haut lignage, à l’ascendance aristocratique bordelaise ancienne, le jeune Lautrec livra en moins de quinze ans une production considérable où se distingue en particulier son art graphique : il mourut en 1901 deux mois avant son trente-septième anniversaire – ayant donc vécu moins longtemps qu’un autre météore de l’art de son temps, son aîné et camarade, Vincent Van Gogh.

Ce personnage au handicap physique lourd – sa légendaire petite taille contrefaite d’origine consanguine et les souffrances physiques et mentales qu’il en subit le marquèrent cruellement – sut toutefois développer avec tact et alacrité, un appétit de vivre glouton et un sens de l’amitié canaille hors du commun. Une preuve éclatante parmi d’autres : l’affiche de lancement de La Revue Blanche fondée par les frères Natanson où l’élégante Misia en costume de patineuse, un long manteau bleu moucheté de rouge, derrière une mantille qui voile sa capeline, les mains dans un manchon de fourrure, semble s’élancer en pleine rue vers quelques beaux esprits sortis de son salon littéraire parisien.

lithographies de la diva du théâtre: May Belfort

Travailleur hors pair, graveur, lithographe et affichiste pendant « La Belle Epoque » fin de siècle (1890-1900) à Paris, Lautrec nous fait revivre à travers ces œuvres d’art la vie nocturne montmartroise, la bohème bruyante et gaillarde, enivrée par les chansons grivoises et les chahuts polissons des cabarets réservés, Le Mirliton, Le Jardin de Paris, Au Moulin de la Galette – les beuglants, Le Chat noir – les cafés-concerts Le Moulin rouge, Le Divan japonais ou Les Folies Bergère – mais aussi les théâtres parisiens (Les Ambassadeurs où se produit Aristide Bruant, les divas du théâtre Marcelle Lender, May Belfort ou Sarah Bernhardt…) ou du cirque (La clownesse Cha-U-Kao).

Catalogue de l’exposition Toulouse-Lautrec

Dans ses lithographies en couleurs, Lautrec traduit avec tendresse et humanité, l’intimité sans phrases qu’il partageait avec les filles de joie complices de leurs marchandes d’amour dans les maisons closes si chères à son cœur et plus encore à son corps.

Un ensemble de peintures et de feuilles originales de ses contemporains et amis, dont un chef d’œuvre redécouvert de Louis Anquetin, L’Intérieur de chez Bruant – Le Mirliton, toile de 1886 – mais aussi des œuvres de Pierre Bonnard, Théophile Alexandre Steinlen, Félix Vallotton, Jacques Villon et… Picasso (suite complète des « Saltimbanques ») nous plonge dans un Paris de la 3e République, très marqué par le verbe de Zola et l’Affaire Dreyfus, entre modernisme fin de siècle et actualité de la vie quotidienne.

En photo Leonard Gianadda et Daniel Marchesseau, Commissaire de l’exposition et auteur du catalogue de l’exposition Toulouse-Lautrec – A la Belle Epoque – French Cancans – Une collection privée, qui reproduit toutes les œuvres exposées.

Daniel Marchesseau, Leonard Gianadda

En parallèle à l’exposition Toulouse-Lautrec, à admier la collection privée Nadar, photographe du beau monde dans les espaces du foyer de la Fondation: Retrouvez figures tutélaires et jeunes mondaines que Toulouse-Lautrec fréquentait avec assiduité, mais aussi les plus grands noms de la littérature, de la musique et des beaux-arts: Baudelaire, Delacroix, Courbet, Manet, Zola, Debussy tout ce que Paris a compté de personnalités artistiques à partir du milieu du XIXe siècle et beaucoup d’autres ont posé dans son atelier a photographié.

Exposition Nadar, photographe du beau monde Fondation Gianadda Martigy

Nadar, photographe du beau monde, collection privée

L’atelier Nadar voit aussi défiler des célébrités populaires : les acteurs et modèles, tout ce monde qui gravite autour des scènes parisiennes et de ses soirées animées. L’occasion unique de retrouver des expressions, des décors, des visages, que le peintre a connus, voire portraiturés à sa manière.

Heures d’ouverture: Tous les jours de 10 h à 18 h (de 10 h à 17 h les 24 et le 31 décembre 2017). Visites commentées les mercredis à 20 heures (tarif normal, sans supplément): 10 janvier, 7 février, 14 février, 21 février, 28 février…

Prochain concert: vendredi 8 décembre à 17h: Ensemble vocal et instrumental de Lauanne, sous la directoin de Michel Corboz, Marie Lys, soprano et Fabrice Hayoz, baryton.


Cézanne, le Chant de la terre du 16 juin au 19 novembre 2017 à la Fondation Pierre Gianadda à Martigny

La Fondation Pierre Gianadda invite pour la nouvelle exposition le génie intemporel et visionnaire de Cézanne, père incontesté de la modernité – le précurseur d’un autre « Chant de la terre » qui anticipe sur le chef-d’oeuvre lyrique pour soliste et orchestre écrit par Malher en 1906, l’année même de la mort du peintre – une parabole du maître devant les forces de la nature.

Leonard Gianadda inauguration Exposition Paul Cézanne

Léonard Gianadda à l’inauguration de l’exposition Paul Cézanne

La Fondation Giannada présente un ensemble exceptionnel d’une cinquantaine de paysages, d’une dizaine de natures mortes, d’une quinzaine de portraits de figures amies (Emile Zola, la pudique Hortense – Madame Cézanne – le jardinier Vallier, le collectionneur  de l’art Victor Chocquet) et d’autoportraits auxquels s’ajoutent une dizaine de compositions emblématiques de Baigneuses et Baigneurs en plein air) – plus de quatre-vingts toiles provenant d’institutions parmi les plus prestigieux qui ont fait confiance à la Fondation: The Metropolitan Museum of Art, du Musée d’Etat des beaux-arts Pouchkine, du Palais princier de Monaco, de musées d’Israël et 6 tableaux du Japon – les seuls frais de transports pour cette exposition s’élèvent à de plus d’un million de francs (sans assurances)- en total l’exposition de quelque 100 œuvres représentatives de l’ensemble de la carrière du « Maître d’Aix » du début des années 1860 jusqu’à sa mort en 1906, rendue possible grâce à la notorité de la Fondation de la Fondation Giannada. L’actuelle exposition clore d’ailleurs en majesté le large cycle dédié à l’impressionnisme du dernier quart du siècle à la Fondation: Degas (1993), Manet (1996), Gauguin (1996), Van Gogh (2000), Berthe Morisot (2002), Monet (2011) et Renoir (2014).

Paul Cézanne (1839-1906), ce peintre aussi exigeant qu’engagé, aussi novateur que légendaire, s’est pendant plus de quarante ans toujours attaché, malgré ses doutes et ses questionnements, à une thématique intériorisée dont les variations et les déclinaisons ont considérablement marqué l’art moderne. En marge de celle de ses contemporains impressionnistes, son approche si personnelle du motif – archétypes picturaux dont il est habité au quotidien – répond à une exigence extrême dans la perception du plein air, sur nature selon son mot, ou toute intériorisée dans le huis clos de son atelier. La puissance de ce corpus pictural et graphique autant qu’ intellectuel et poétique s’exprime ainsi en particulier dans les domaines complémentaires du paysage et de la nature morte. Après son apprentissage du sujet au Jas de Bouffan et sa formation régulière au Louvre, Cézanne s’attache à traduire alternativement la luminosité solaire de son pays natal d’Aix et l’harmonie ombrée d’Ile de France qui précède son retour aux sources : les environs de Marseille et la mystérieuse Montagne Sainte Victoire. Cézanne interprète de même dans leur impavide fixité maintes natures-mortes familières, pommes bien sûr et fruits, soigneusement composées à l’atelier sur une table de cuisine.
En complément, l’exposition permettra également d’évoquer l’expression ténébreuse de certain autoportrait face au miroir, à l’égal d’autres effigies plus sibyllines de figures amies, Emile Zola, Victor Chocquet et sa pudique Hortense – Madame Cézanne – avec d’autres modèles proches comme son fils Paulo ou le jardinier Vallier. Cette présentation d’une centaine d’oeuvres serait incomplète sans quelques compositions emblématiques de « Baigneurs » et de « Baigneuses » en plein air, qu’il brossa jusqu’à son acmé. Cette sélection, choisie dans les collections publiques et privées du monde entier, permettra de découvrir plusieurs toiles qui n’ont jamais été exposées et d’en revoir certaines qui ne l’ont pas été depuis le début du siècle dernier.

  • Prochaine visite commentée de l’exposition Cézanne  » Le chant de la terre  » en raison du concert mercredi 13 septembre à 20h par Martha Degiacomi. A noter Le musée est ouvert tous les jours de 9h à 19h.

Durant le mois de juillet et août le parc des sculptures restera ouvert gratuitement entre 19h et 22h par beau temps.

Il n’existe aucun musée Cézanne au monde, mais vous trouverez des oeuvres de Cézanne dans la magnifique collection permanente et l’exposition Portraits de Cézanne du 13 juin au 24 septembre 2017 au Musée d’Orsay à Paris.

Henri Cartier-Bresson, collection Sam, Lilette et Sébastien Szafran

Henri Cartier-Bresson, collection Sam, Lilette et Sébastien Szafran

En parallèle dans la galerie du Foyer, une magnifique exposition photographique: Vues d’artistes d’Henri Cartier-Bresson présente du  16 juin au 19 novembre 2017, soixante-neuf portraits photographiques d’Henri Cartier-Bresson, issus de la collection Szafran. Le 3 août 2004, au retour des obsèques d’Henri Cartier-Bresson, Sam Szafran propose à son épouse d’offrir à la Fondation Pierre Gianadda – à Léonard et Annette Gianadda, avec qui ils lient une grande amitié –  les 225 photographies, pour la plupart signées et accompagnées d’une dédiace, d’un petit mot, d’une réflexion que Sam a reçues de la part de Cartier-Bresson. Les portraits de peintres, sculpteurs, écrivains sont très nombreux: Matisse, Picasso, Bonnard, Giacometti, Aragon, Calder..représentant autant de rencontres artistiques intimes qu’Henri Cartier-Bresson veut partager avec Sam, son ami « intense ».

Voici l’inauguration  de l’exposition sur Paul Cézanne, 5 jour après celle sur Hodler Monet Munch qui a attiré 100’000 visiteurs et qui pouvaient admirer dès le 10 mai le tableau Impression, soleil levant (1872) de Claude Monet exposé pour la première fois en Suisse. A l’aube de son 40e anniversaire, la Fondation Pierre Gianadda (inauguré en 1978) approche le cap des dix millions de visiteurs (à peu près 700 visiteurs par jour).


Hodler Monet Munch – Peindre l’impossible du 3 février au 11 juin 2017 à la Fondation Pierre Gianadda à Martigny

Gianadda Hodler Monet MunchC’est la Fondation Pierre Gianadda, Martigny qui confronte les oeuvres des grands artistes Hodler Monet et Munch dans son exposition: Peindre l’impossible – le tableau Impression, soleil levant (1872) de Claude Monet sera exposé pour la première fois en Suisse.

Des peintres: un Français: Claude Monet né en 1840 et mort en 1926, un Suisse: Ferdinand Hodler né en 1853 et mort en 1918 – L’année prochaine, en 2018, on célèbrera les 100 ans de la mort de ce peintre bernois qui passe une grande partie de sav ie à Genève, sous la houlette du maître Barthélemy Menn et un Norvègien: Edvard Munch né en 1863 et mort en 1944 vivant dans le même monde en cours de mutation, l’Europe d’avant et d’après la Première Guerre Mondiale. Ils en éprouvent les mutations techniques, politiques et sociales qui influent sur leur mode de vie et leurs pratiques artistiques. Tous trois voyageurs, ils découvrent des lieux et des motifs auxquels, cinquante ans plus tôt, ils n auraient pas pu accéder.

Patrick de Carolis,

Patrick de Carolis, Musée Marmotton, Paris

Les trois artistes ne se sont jamais rencontrés, ils n appartiennent pas aux mêmes courants créatifs, il n en existe pas moins des liens entre eux: sans relâche, ils tentent de saisir les éléments immatériels (la neige, le soleil à son zén

ith, la clareté de la lune, l eau, les sommets montagneux…), marquant l art de la fin du XIXe et du début du XXe siècles par leur démarche novatrice. A l’orée du parcours, nous faisons leur connaissance, grâce à leurs autoportraits qui traduisent un tourment palpable. Dans le cadre de cette exposition, le tableau Impression, soleil levant (1872) de Claude Monet sera exposé pour la première fois en Suisse.

Collection Barbier Mueller Hercule enfant

Cette oeuvre fondatrice de l’impressionisme, qui fait date dans l’histoire de l’art, est l’un des fleurons des collections du Musée Marmottan Paris (en photo son directeur Patrick de Carolis). L’exposition de plus de soixante chefs-doeuvre des trois artistes incontournables de l’histoire de l art a d abord été montrée cet hiver et en partenariat avec le Musée d Oslo en Norvège. Lors de l’inauguration à Martigny, Léonard Gianadda a souligné le fait que tous les collectionneurs privés ont accepté de prêter leurs tableaux de Ferdinand Hodler, dont la Fondation Alexander Schmidheini et Christoph Blocher dont une exposition de ses collections sera organisée à Martigny en 2020 pour ses 80 an.

Léonard Gianadda a également rendu hommage à Jean-Paul Barbier Mueller qui nous a quitté à Noël cette année et avec qui il liait une grande amitié, en présence de son épouse Monique. Pour les 40 ans de Barbier Mueller, le musée met en dépôt une oeuvre dans 22 musées en Suisse et en France. La Fondation Pierre Gianadda accueille Hercule enfant placé entre les marbres romains l’Apollon citharède et l’Hercule (IIe s. apr. J.-C.) découverts en 2011 à Martigny dans l’espace Gallo-romain.


Leonard Gianadda et Sam Szafran

Leonard Gianadda et Sam Szafran

Inauguration le 4 décembre 2015  à la Fondation Gianadda à Martigny de la nouvelle salle Sam Szafran

Signe de l’amitié qui lie Léonard Gianadda et Sam Szafran depuis plus de 20 ans, des rencontres mutuelles à Paris et à Martigny les a conduits, depuis plus de quinze ans, à travailler l’un pour l’autre. Ainsi la première exposition muséale du peintre parisien fut-elle organisée par la Fondation valaisanne en 1999, avant d’être accrochée à la Fondation Maeght à Saint Paul. Des précieux donations entre autres d’un ensemble de 226 photographies d Henri Cartier-Bresson à la Fondation par Sam Szafan d’un coté, la proposition de s’initier à la céramique monumentale et de concevoir deux décorations, Escalier et Philodendrons, pour les parois jumelles extérieures de ce qui est aujourd’hui le Pavillon Szafran de l’autre côté. L’Escalier a été d’ailleurs spécialement tirée à l’occasion de la présente exposition Sam Szafran – Cinquante ans de peinture.