L’effet boomerang. Les arts aborigènes d Australie du 19 mai 2017 au 7 janvier 2018 au MEG Musée d’ethnographie de Genève

Effet boomerang MEG

Effet boomerang MEGL’exposition: L’effet boomerang. Les arts aborigènes d’Australie montre les dimensions identitaires et politiques du travail des artistes australiens. En évoquant leur histoire à travers leurs objets et leurs peintures,. L’exposition aborde également les relations entre les autochtones et les colonisateurs. Le titre de l’exposition, «L’effet boomerang» renvoie au vaste mouvement de réappropriation par les Aborigènes du discours sur leur patrimoine et sur leur histoire.

L’exposition se présente en 4 parties:

Dès l’entrée, une série de cimaises blanches et vides dans un espace blanc rythmé de néons au plafond. Cette mise en scène réinterprète le principe juridique de terre n’appartenant à personne, utilisé pour justifier la colonisation par les Britanniques au mépris des peuples autochtones établis en Australie depuis plus de 60’000 ans. Au dos de ces cimaises, des vitrines denses, remplies de séries d’objets (boomerangs, propulseurs, massues, lances, boucliers et nacres gravées, bâtons de messages), de photographies et d’oeuvres d’art fournissent la vision opposée des Aborigènes.

Roberta Colombo Dougoud, conservatrice

Roberta Colombo Dougoud, conservatrice

Parmi les objets présentés trônent deux arbres gravés, marqueurs de sépultures et d’espaces cérémoniels. Présenter de telles pièces, dont la présence est très rare dans les musées, ne va pas de soi: ces monuments rituels arrachés au paysage par les Australiens renvoient à l’histoire de la destruction planifiée de la culture aborigène. L’exposition revient dès lors sur ce qui a fait du MEG le dépositaire de collections australiennes d’une importance singulière. En photo la visite guidée dimanche 4 juin par Roberta Colombo Dougoud, conservatrice devant les arbres gravés.

La deuxième partie de l’exposition retrace l’historique de ces acquisitions, en prêtant attention à l’évolution des regards que les collecteurs ont portés sur chacun de ces objets et aux souhaits formulés par le Musée pour développer ses collections.

Ghostnets

Ghostnets

Ce parcours montre comment les Aborigènes, autrefois perçus par les scientifiques comme «primitifs», sont entrés à la fin du 20e siècle dans le marché de l’art contemporain.

La troisième partie témoigne de la foisonnante diversité de supports et techniques: peinture sur écorce, sur toile et sur papier, sculpture sur bois, en bronze, en fibres végétales ou à partir de filets de pêche. Qu’elles soient fabriquées pour un usage interne ou qu’elles soient destinées au marché de l’art, ces créations ne cessent d’affirmer leurs liens avec le territoire ancestral et avec les temps immémoriaux de la création du monde. Avec le projet Ghostnet Art, les insulaires du détroit de Torrès façonnent des animaux marins avec des fragments de filets de pêche perdus en mer. Fléaux pour l’écosystème marin, les « filets fantômes » (ghost nets) sont récupérés sur les côtes de l’Australie par des artistes autochtones. L’Art des Ghostnets en Australie sera exposé à ONU du 4 au 22 septembre 2017 et à l’Université de Genève, Uni Dufour du 8 novembre 2017 au 12 janvier 2018).

"toi"/"you" en langue aborigène

« toi »/ »you » en langue aborigène

Proposant une expérience immersive, l’installation de Brook Andrew dans la 4e et dernière partie est entièrement recouverte d’une peinture murale avec des motifs noirs et blancs, version contemporaine des arbres gravés (ou dendroglyphes) des Aborigènes de Nouvelle-Galles du Sud. L’artiste remet ainsi en question les attitudes ethnocentriques à l’égard des peuples autochtones et démontre que les récits dominants offrent souvent des interprétations erronées. En démontrant la compléxité des différentes langues aborigènes: le simple mot « toi » en français, a de multiples traductions en langue aborigène.

Heures d’ouverture de 11h à 18h.

Prochain rendez-vous:

  • Conférence-débat: Autralie, un double regard mecredi 7 juin à 18h30 au Musée d’Histoire des sciences, Genève
  • Visite décalée: Naviguer jusqu’au bout du monde: la prouesse de James Cook vendredi 9 juin à 12h30 au Musée d’Histoire des sciences, Genève
  • Visite commentée: Les arts aborigènes d’Autralie dimanche 11 juin et 25 juin à 14h30, dimache 2 juillet à 11h15 au MEG, entrée libre dans le cadre du premier dimanche du mois.
  • Visite thématique: Des artistes et des athrolopologues dimanche 18 juin à 14h30 au MEG.