MEG Musée d’ethnographie de Genève: expositions et activités culturelles

MEG, Musée Ethnographie Genève

Jean Dubuffet, un barbare en Europe du 8 septembre 2020 au 28 février 2021 au MEG, Musée d’ethnographie de Genève

publication avec le texte fondateur de son concept d’Art Brut

Jean Dubuffet (1901-1985), peintre, sculpteur et écrivain, fut un acteur majeur de la scène artistique du 20e siècle. L’exposition «Jean Dubuffet, un barbare en Europe» lui rend hommage et met l’accent sur la visite de l’artiste dans la Suisse de l’après-guerre, notamment au MEG, voyage déterminant pour sa définition de «l’Art Brut».  Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, cet artiste insaisissable et polémique met en jeu une critique radicale de l’art et de la culture de son temps. Tentant de se défaire des codes dominants de l’histoire de l’art, il explore de nombreuses techniques artistiques avec une liberté totale. Tel un barbare, il ouvre de nouvelles voies en s’intéressant à tout ce qui lui semble relever d’une création artistique libre: chez les enfants, dans les milieux psychiatriques, dans les prisons, dans l’art populaire, dans les graffitis des rues.

L’exposition, riche de près de 300 oeuvres, donne à voir comment Dubuffet entremêle dans son oeuvre ses activités artistiques avec les recherches qu’il a consacrées à « l’Art Brut ». Par la peinture, la sculpture, la musique ou encore ses « édifices », structures monumentales qui défi ent l’architecture, mais aussi via l’écriture et ses prospections pour ce qu’il nomme l’Art Brut, Jean Dubuffet ne cesse de rechercher l’inédit, la surprise, la stupéfaction en frayant ou découvrant des voies de création singulières sans jamais se laisser enfermer dans un système routinier. Dans un premier temps, les spectateurs pourront se donner une idée générale de l’oeuvre propre de l’artiste célébrant ce qu’il nomme « l’homme du commun ». (En photo le Triomphateur, l’un des costumes conçus par Jean Dubuffet pour Coucou Bazar. Bal de l’Hourloupe, spectacle présenté à New York, Paris et Turin entre 1973 et 1978, entremêlant peinture, sculpture, musique et danse). La deuxième partie de l’exposition présente l’étendue de ses prospections à partir de l’exploration des Collections de l’Art Brut mais aussi en scrutant celles réalisées au MEG, au musée de l’Homme ou au musée des Arts et traditions populaires à Paris (l’actuel MUCEM qui a initié la première édition de cette exposition). Son regard sur les sciences humaines et sociales s’y livre, tout comme sa critique radicale du primitivisme, la croyance en l’existence d’un art supposé « primitif ». Ses excursions dans le métropolitain parisien et ses voyages au Sahara évoquent les déplacements de focales auxquels l’artiste procède. Enfin, dans la troisième partie, c’est la critique de la culture que fourbit Dubuffet qui est décliné selon différents axes thématiques, montrant tout à la fois sa radicalité mais aussi les limites d’une pensée relativiste qui sombre dans le nihilisme.

Le MEG à Genève, la Collection de l’Art Brut à Lausanne et le Musée Barbier-Mueller à Genève mettent en place un partenariat afin d’offrir à leurs publics la possibilité de poursuivre leur découverte de Jean Dubuffet et de l’Art Brut. Un billet d’entrée à l’exposition du MEG permet de visiter gratuitement les expositions de la Collection de l’Art Brut ainsi que l’exposition Les Barbus Müller, leur énigmatique sculpteur enfin démasqué au Musée Barbier-Mueller (offre valable jusqu’au 1 novembre 2020: Musée Barbier-Mueller, jusqu’au 28 février 2021: MEG et Collection de l’Art Brut).

Du mardi au dimanche de 11h à 18h.

La Fabrique des Contes du 17 mai 2019 au 5  janvier 2020 Musée d’Ethnographie de Genève

Exposition temporaire Musée Ethnographie Genève 2019Venez plonger dans le monde fantastique des contes, découvrir leur histoire ainsi que les multiples instrumentalisations dont ils font l’objet. L’exposition met en lumière les récits traditionnels populaires européens. De la Finlande à la Méditerranée, des pays celtes aux Balkans, les contes font partie de notre patrimoine commun. Ils appartiennent à l’imaginaire collectif. Le MEG explore cet univers à la fois très familier et totalement fantasmatique. Laissez-vous projetés dans une atmosphère surprenante, où huit contes, méconnus du grand public, sont mis en scène dans des « théâtres de l’imaginaire ». Lanternes magiques, dioramas, miroirs, illusions d’optique et changements d’échelle permettent de vivre une véritable expérience sensorielle et de s’affranchir des règles du monde réel. Fabrice Melquiot, écrivain et directeur du théâtre Am Stram Gram, a réécrit des versions contemporaines de ces récits traditionnels. Leurs enjeux restent cependant d’actualité : la difficulté de trouver un conjoint, le rapport à la nature et à la mort, ou encore la soif insatiable de pouvoir. La Fabrique des contes exposition temporaire Musée ethnographie GenèveDes objets provenant des collections européennes du Musée mettent en valeur ces contes et quatre illustrateurs ont été invités à leur donner vie à travers des dessins, peintures et papiers découpés. L’exposition révèle également l’histoire européenne de cette tradition orale, dont il existe presque autant de variantes que de récitants. Collectés dès la Renaissance, les contes se voient ainsi figés dans des versions écrites correspondant aux attentes du public de l’époque. Qui voudrait lire aujourd’hui cette mouture du Petit Chaperon rouge où l’enfant mange la chair de sa grand-mère, tuée et rôtie par le loup? L’exposition dévoile aussi l’envers du décor, la propagande et la manipulation. Vous découvrez comment les contes ont été recueillis, réinterprétés ou utilisés en fonction du contexte historique et de ce qu’on voulait leur faire dire. En témoignent le modelage et le façonnage de ces récits à des fi ns politiques et militantes. Tel le parti nazi, qui produit des films transposant les histoires des frères Grimm dans l’Allemagne des années 1930. Ou le mouvement féministe, qui fait de la sorcière une figure antipatriarcale. Souvent à portée morale, ces récits permettaient d’inculquer aux enfants les vertus de la société bourgeoise. Aujourd’hui encore, chacun peut interpréter les contes à sa manière, et y projeter ses propres valeurs. Ouvert du mardi au dimanche, de 11h à 18h.

Journées Européennes des Métiers d'Art 2019

MEG: Fabrique des Contes

Journées Européennes des Métiers d'Art 2019

MEG: Fabrique des Contes

Dans le cadre des Journées européennes des métiers d’art (JEMA), la visite derrière les coulisses des futures expositions, accompagné par les restauratrices du MEG – Musée d’ethnographie de Genève dans leur préparation de la prochaine exposition temporaire: La Fabrique des Contes qui ouvrira le 17 mai 2019 (au 5 janvier 2020): la visite des coulisses du montage, l’installation des objets sélectionnés pour quelles soient présentés sous leur meilleur jour et en toute sécurité, et au même temps la visite des coulisses des contes.


« Parlez-vous MEG ? » – Un parcours ludique au Musée pour apprendre le français.

Musée d'ethnographie de Genève

Thierry Apothéloz, Sami Kanaan

Présentation du projet de visite des collections du Musée d’ethnographie de Genève (MEG) au moyen d’une application interactive par Sami Kanaan, maire de la Ville de Genève et Thierry Apothéloz, Conseiller d’Etat: « Parlez-vous MEG ? » est destiné aux personnes apprenant la langue française. L’objectif de cette démarche est de proposer une approche ludique de l’exposition permanente du MEG à des publics non francophones. Ce projet a été développé dans une démarche participative avec des formatrices et des étudiants de la langue française de l’Université Ouvrière de Genève (UOG) et de l’Œuvre Suisse d’Entraide Ouvrière (OSEO). Pour créer une interface qui soit la plus divertissante possible, le MEG et le BIE ont sollicité une étudiante en média-design de la Haute École d’art et de design Genève (HEAD), dont le travail a été récompensé par le prix HES de l’innovation. Ce parcours est destiné aux apprenant-e-s du français de niveaux A2 à B1. Des adaptations peuvent être faites selon le niveau du groupe. Possibilité de réservez un créneau horaire pour votre groupe, prestation gratuite, inscription obligatoire. Horaires: Du mardi au dimanche de 11h à 17h. Durée de la visite: 45 minutes à 2 heures. Renseignements: publics.meg@ville-ge.ch
Des séances d’information gratuites, proposées par le MEG, vous permettront de vous initier à ce parcours ludique et didactique pour que vous puissiez accompagner votre groupe dans les meilleures conditions. Prochaines dates des séances d’information au MEG: Mardi 26 février de 17h à 18h30 – Vendredi 8 mars de 10h à 11h30 Inscription (jusqu’au 15 février): publics.meg@ville-ge.ch

Une formation est prévue pour les professeurs de français afin qu’ils puissent guider leur groupe dans cette découverte ludique et interactive du Musée. Pour plus d’informations sur le projet et pour s’inscrire : www.parlez-vous-meg.ch


Archives: les Expositions passées

Afrique. Les religions de l’extase du 18 mai 2018 au 6 janvier 2019 au Musée d’Ethnographie de Genève

MEG musée ethnographie GenèveL’exposition révèle la richesse des pratiques religieuses africaines. La religion est définie comme un ensemble de rituels qui relient les vivants entre eux, face aux puissances de l’invisible: dieu unique, divinités multiples, esprits des ancêtres ou de la nature. Tout au long du parcours, le public plonge dans une atmosphère de mysticisme et découvre la ferveur des croyants. Plus de 400 pièces inédites, issues des collections du MEG, sont enrichies par de fascinantes images de cinq photographes contemporains de renommée internationale. Une série de courts témoignages filmés présentent le point de vue des adeptes eux-mêmes. MEG Musée ethnographie GenèveDes installations vidéo d’un artiste éthiopien ponctuent le parcours d’exposition en révélant la notion du sacré dans les religions autochtones africaines. L’exposition suit le fil conducteur de l’extase religieuse, une communion intense avec les forces divines. C’est un état dans lequel une personne se trouve comme transportée hors de soi et hors du monde réel. Le parcours de l’exposition dévoile les religions monothéistes (islam, christianisme et judaïsme), les religions africaines autochtones, les cultes de possession et les univers magico-religieux. Ici, l’Afrique n’est pas envisagée comme un espace géographique, mais comme un espace culturel. Ces pratiques religieuses se retrouvant jusque dans les Amériques et l’Europe, où elles ont été largement diffusées par la diaspora. MEG musée ethnographie GenèveLe parcours: Introduction avec le vidéo: Voyage au Mont Zuqualla de Theo Esthetu sur le pèlerinage des chrétiens et des adeptes de religions tradionnelles sur le site du saint Gabra Manfas Quddus, l’un des plus importants mystiques de l’Eglise orthodoxe éthiopienne. 1re partie: Les monothéismes en Afrique: l’église orthodoxe éthiopienne et érythréenne, le christianisme africain aux visages multiples, les formes de l’Islam et du judaïsme en Afrique. Le photographie Christian Lutz présente y trois reportages de communautés érythréennes, kimbanguistes et mourrides installées à Genève, en plus de son reportage sur le pentecôtimse et l’exorcisme réalisé au Nigéria. 2e partie: La divination, la mort et les ancêtres: désenchevêtrer pa la divination, retrouver ses ancêtres au Gabon, le sacrifice et la nourriture des dieux. 3e partie: Faire corps avec les esprits – la transe de possession: Les mahamba, esprits ambivalents en Afrique centrale, Les dieux d’Afrique dans le vodou haïtien. 4e partie: Les univers magico-religieux, un enchevâtrement de forces: Les masques, sacrements sur le parcours d’une vie, les minkisi, objets-force des Kongo, Les jumeaux, mauvais sort ou bénédiction?

Plusieurs animations: Des rencontres les jeudis avec des invités à l’heure du déjeuner: Décoloniser le language, fétiches, tamtams et autres grigris jeudi 31 avec Boris Wastiau, Lieux de culte africains en Suisse romande jeudi 14 juin avec Brigitte Knobel. Le Grand Bazar chaque premier dimanche du mois (entrée libre): Spécial Minkisi dimanche 3 juin, Spécial Vaudou dimanche 2 septembre. Visite: un objet, un son, une histoire chaque premier mercredi du mois: A la rencontre des Senufo mercredi 6 juin, 15h, dès 6 ans. Visites gratuites avec Boris Wastiau, commissaire dimanche 20 mai, diamche 3 juin, dimanche 2 septembre, 11h15. Musique: Leila Gobi, transe-électro touareg jeudi 21 juin, 20h, suivi d’un after à la Gravière: Mr Cheeky & EasyEvil, 21h. La Guingette du MEG tous les samedis et dimanches du 30 juin au 24 août, 14h à 17h, Spécial Afrique samedi 28 juillet et dimanche 26 août. Rendez-vous à la Pointe, Jonction dimanche 19 août, 14h à 19h, gratuit, tout public et famille.

Heures d’ouverture de 11h à 18h. Gratuit jusqu’à 18 ans et le 1er dimanche du mois.


L’effet boomerang. Les arts aborigènes d Australie du 19 mai 2017 au 7 janvier 2018 au MEG Musée d’ethnographie de Genève

L’exposition: L’effet boomerang. Les arts aborigènes d’Australie montre les dimensions identitaires et politiques du travail des artistes australiens. En évoquant leur histoire à travers leurs objets et leurs peintures,. L’exposition aborde également les relations entre les autochtones et les colonisateurs. Le titre de l’exposition, «L’effet boomerang» renvoie au vaste mouvement de réappropriation par les Aborigènes du discours sur leur patrimoine et sur leur histoire.

L’exposition se présente en 4 parties: Dès l’entrée, une série de cimaises blanches et vides dans un espace blanc rythmé de néons au plafond. Cette mise en scène réinterprète le principe juridique de terre n’appartenant à personne, utilisé pour justifier la colonisation par les Britanniques au mépris des peuples autochtones établis en Australie depuis plus de 60’000 ans. Au dos de ces cimaises, des vitrines denses, remplies de séries d’objets (boomerangs, propulseurs, massues, lances, boucliers et nacres gravées, bâtons de messages), de photographies et d’oeuvres d’art fournissent la vision opposée des Aborigènes.

Roberta Colombo Dougoud, conservatrice

Roberta Colombo Dougoud, conservatrice

Parmi les objets présentés trônent deux arbres gravés, marqueurs de sépultures et d’espaces cérémoniels. Présenter de telles pièces, dont la présence est très rare dans les musées, ne va pas de soi: ces monuments rituels arrachés au paysage par les Australiens renvoient à l’histoire de la destruction planifiée de la culture aborigène. L’exposition revient dès lors sur ce qui a fait du MEG le dépositaire de collections australiennes d’une importance singulière. En photo la visite guidée dimanche 4 juin par Roberta Colombo Dougoud, conservatrice devant les arbres gravés.

La deuxième partie de l’exposition retrace l’historique de ces acquisitions, en prêtant attention à l’évolution des regards que les collecteurs ont portés sur chacun de ces objets et aux souhaits formulés par le Musée pour développer ses collections.

Ghostnets

Ghostnets

Ce parcours montre comment les Aborigènes, autrefois perçus par les scientifiques comme «primitifs», sont entrés à la fin du 20e siècle dans le marché de l’art contemporain.

La troisième partie témoigne de la foisonnante diversité de supports et techniques: peinture sur écorce, sur toile et sur papier, sculpture sur bois, en bronze, en fibres végétales ou à partir de filets de pêche. Qu’elles soient fabriquées pour un usage interne ou qu’elles soient destinées au marché de l’art, ces créations ne cessent d’affirmer leurs liens avec le territoire ancestral et avec les temps immémoriaux de la création du monde. Avec le projet Ghostnet Art, les insulaires du détroit de Torrès façonnent des animaux marins avec des fragments de filets de pêche perdus en mer. Fléaux pour l’écosystème marin, les « filets fantômes » (ghost nets) sont récupérés sur les côtes de l’Australie par des artistes autochtones. L’Art des Ghostnets en Australie sera exposé à ONU du 4 au 22 septembre 2017 et à l’Université de Genève, Uni Dufour du 8 novembre 2017 au 12 janvier 2018).

"toi"/"you" en langue aborigène

« toi »/ »you » en langue aborigène

Proposant une expérience immersive, l’installation de Brook Andrew dans la 4e et dernière partie est entièrement recouverte d’une peinture murale avec des motifs noirs et blancs, version contemporaine des arbres gravés (ou dendroglyphes) des Aborigènes de Nouvelle-Galles du Sud. L’artiste remet ainsi en question les attitudes ethnocentriques à l’égard des peuples autochtones et démontre que les récits dominants offrent souvent des interprétations erronées. En démontrant la compléxité des différentes langues aborigènes: le simple mot « toi » en français, a de multiples traductions en langue aborigène.


Projection du film Dirty Gold War (Suisse, 2015) de Daniel Schweizer le 10 décembre 2016 au MEG – Musée d’ethnographie, Genève.

Daniel Schweizer, cinéasteProjection du film Dirty Gold War (Suisse, 2015) de Daniel Schweizer en présence du réalisateur, suivie d’un débat organisé en collaboration avec Délégation Genève Ville Solidaire sur la question Peut-on imaginer une filière de commercialisation de l’or équitable? le 10 décembre 2015 au MEG – Musée d’ethnographie, Genève.

Dirty Gold War aborde le milieu fermé de l’industrie de l’or, à travers le portrait des principaux opérateurs miniers et des victimes de l’exploitation aurifère. Un périple qui nous conduit sur les lieux des nouvelles ruées vers l’or dévastatrices: du Brésil au Pérou et de l Amazonie à l’Altiplano; des mines aux vitrines de Londres et Genève, de l’extrême misère aux enseignes de luxe…
Son nouveau film: Trading Paradise sortira le 22 mars 2017.