Salle d’exposition de l’UNIGE au boulevard Carl-Vogt en face du MEG – Musée d’ethnographie à Genève, travaux de route, 2026
Mémoires et impressions, 60 ans d’archéologie suisse au Soudan du 19 juin au 31 juillet 2026, Salle d’exposition de l’Université de Genève, au Boulevard Carl-Vogt (en face du MEG), Genève
Décembre 1965, nord du Soudan. Une équipe d’archéologues suisses entreprend l’exploration du site de Tabo, où gisent deux impressionnants colosses royaux millénaires. Commence alors une aventure humaine et scientifique hors du commun, qui se poursuit encore aujourd’hui autour de la cité antique de Kerma et du site de Doukki Gel. À travers une centaine de photographies d’archives, de plans, de carnets de fouilles et de céramiques, l’exposition invite à suivre les pas de ces scientifiques qui, campagne après campagne, font émerger des sables du Soudan l’histoire oublié de cette région et de la civilisation de la vallée du Nil.
Visite guidée par Xavier Droux, co-commissaire de l’exposition et directeur de la Mission suisse-franco-soudanaise de Kerma et Aurélie Quirion, co-commissaire de l’exposition et collaboratrice scientifique au laboratoire ARCAN, 27 juin 2026
Entre 1965 et 1974, neuf campagnes de fouilles sur le site de Tabo sont dirigées par le Centre d’études orientales de l’UNIGE, sous la houlette scientifique de Jean Jacquet, d’abord, et de Charles Bonnet, ensuite. Sous le sable apparaît un vaste temple dédié au dieu Amon, d’abord érigé au XVe siècle avant notre ère alors que la région était sous domination égyptienne, puis transformé et remanié à de multiples reprises au fil des siècles avant d’être entièrement reconstruit sous le règne du roi kouchite Taharqa.
Mais Tabo ne se limite pas à ce seul temple: tombes, églises et habitats racontent une histoire longue et continue, des premières occupations au IIe millénaire avant notre ère jusqu’aux périodes chrétienne et musulmane. La plus fabuleuse de ces découvertes reste probablement, en 1974, une statue royale méroïtique en bronze, dans une cachette située sous le portique de la cour du temple.
Photos archives de la fouille archéologiques à Kerma et du transport des statues avec les moyens de l’époque – les statues sont exposées aujourd’hui au Musée de Kerma, capitale de l’antique royaume de Kouch
L’aventure archéologique suisse se poursuit dès 1973 à Kerma, capitale de l’antique royaume de Kouch, dominée par une imposante Deffoufa, un monument de briques crues s’élevant à près de 20 mètres au-dessus des vestiges environnants. La mission suisse intervient dans un contexte urbain en expansion, la ville moderne de Kerma s’étant développée à proximité du site antique et ayant recouvert en partie d’anciennes nécropoles. Là, les archéologues mettent au jour entre 1973 et 1975 une profonde structure circulaire interprétée comme une tombe royale. Parmi les découvertes dans la ville antique figure un four-moule exceptionnel destiné à fabriquer de grandes plaques de bronze et témoignant des connaissances technologiques complexes des métallurgistes de l’époque. À quelques kilomètres, les dizaines de milliers de tombes de la nécropole révèlent une culture matérielle d’une richesse exceptionnelle ainsi que des traditions funéraires remarquables.
Vingt ans après les premières investigations à Kerma, un autre site attise la curiosité des Suisses. À environ 900 mètres au nord de la Deffoufa se trouve une colline recouverte de tessons, Doukki Gel, «la colline rouge» en langue nubienne. Si quelques prospections y avaient été effectuées, tout restait encore à découvrir. Des murs de brique crue affleurant en surface sont repérés et, en 1992, un vaste bâtiment, probablement un palais édifié à l’époque méroïtique, est révélé, avec des structures et du matériel plus anciens. Dès 1996, la mission genevoise intègre Doukki Gel à son programme de recherche, menant ces fouilles en parallèle de celles de Kerma et de sa nécropole. Les statues de sept rois kouchites mises au jour en 2003 comptent parmi les découvertes les plus spectaculaires du site. Elles témoignent de la puissance symbolique et politique de cette ville, où s’entrecroisent traditions locales et influences pharaoniques.
La poursuite des investigations, étroitement liée à la stabilité du pays, se heurte désormais à une réalité marquée par des conflits qui ne sont pas sans conséquence sur la préservation du patrimoine. Si certaines régions du nord du pays restent en marge des combats, d’autres provinces sont le théâtre d’affrontements meurtriers et de violences à grande échelle. La capitale, Khartoum, a été pendant de longs mois au cœur des combats, ce qui a entraîné la destruction d’une grande partie de la ville, dont le Musée national du Soudan. Ce dernier, en réhabilitation au moment du déclenchement des hostilités, avait déjà mis en sécurité des œuvres majeures de sa collection dans des caisses de protection. Mais plusieurs d’entre elles ont été emportées dans des circonstances qui restent encore mal connues. Un signe encourageant est toutefois apparu récemment: la statue de roi méroïtique, découverte à Tabo par l’UNIGE en 1974, a été retrouvée il y a quelques mois par la police. Elle porte néanmoins les traces de ces événements, notamment plusieurs impacts probablement liés à des tirs, ainsi qu’une perte importante de ses dorures.
Malgré l’interruption des fouilles, les membres de la Mission suisse-franco-soudanaise de Kerma – Doukki Gel ont poursuivi leurs travaux en développant de nouveaux axes de recherche fondés sur les découvertes réalisées lors des campagnes menées jusqu’en 2022. Ces études portent notamment sur l’archéo-métallurgie, les technologies céramiques-faïence et les interactions entre productions artisanales et dynamiques socio-économiques dans les anciens royaumes nubiens. Autant de façons de continuer à faire parler les vestiges, même loin du terrain, en attendant la reprise des missions sur place.
Des grandes quantités de tessons sorties des fouilles restent à classer par l’UNIGE.
Horaires lundi à vendredi de 7h30 à 19h, dimanche de 14h à 17h.
- Visites guidées dimanche 12 juillet à 15h
- Nuit des Bains jeudi 2 juillet de 18h à 21h
Archives expositions passées
Voyage en Nord jusqu’au 17 mai 2025, Salle d’exposition de l’UNIGE, Boulevard Carl-Vogt, Genève
- Nuit des musées samedi 17 mai 18h-minuit.
- Visites guidées jeudi 27 mars à 12h30 et mardi 6 mai à 12h30 et à 18h.
Du lundi au vendredi de 7h30 à 19h, le dimanche de 14h-17h. Fermé du 18 au 21 avril inclus, entrée libre, + d’infos.
Immersum – Plonger dans le passé du 9 décembre 2024 au 16 février 2025, Salle d’exposition de l’UNIGE, SEU, boulevard Carl-Vogt, Genève
Quels trésors de la préhistoire et de l’Antiquité se cachent dans les fonds marins? Comment les découvrir? Avec l’exposition «Immersum», le Département des sciences de l’Antiquité de l’Université de Genève (UNIGE) invite le public à explorer les techniques utilisées par les archéologues pour mener leurs travaux sous-marins. L’exposition se focalisera notamment sur la baie de Kiladha, en Grèce, où les archéologues sont à la recherche de l’un des plus vieux villages d’Europe. Des dispositifs interactifs permettront au public de se plonger dans les sites et les paysages submergés. Une évocation de fouille sous-marine offrira un aperçu des méthodes d’exploration, tandis qu’un atelier de dessin archéologique initiera petit-es et grand-es aux techniques de documentation des objets retrouvés. Une maquette en 3D de la baie de Kiladha et de ses environs illustrera l’évolution des paysages antiques au fil des siècles, mettant en avant l’impact des changements environnementaux. Retrouvez plus d’informations ici. undi-vendredi: 7h30-19h, dimanche: 14h-17h (Fermé du 24 décembre au 1er janvier) entrée libre, + d’infos.
Visites guidées
- Mardi 17 décembre à 18h.
- Dimanche 26 janvier à 15h
Bébé en tête, une exposition pour briser les tabous autour de la période périnatale du 16 septembre au 17 novembre 2024, Salle d’exposition de l’Université de Genève
Grossesse, accouchement, post-partum: l’exposition «Bébé en tête», conçue en étroite collaboration avec des scientifiques, des spécialistes de la périnatalité de Lausanne UNIL-CHUV et des associations de parents, offre une perspective nouvelle sur ce parcours intense et passionnant, mais aussi jalonné d’étapes souvent méconnues et parfois difficiles. Au travers d’installations interactives qui explorent les différentes facettes de la transition à la parentalité – du projet d’enfant à la fin du congé maternité – et de témoignages saisissants, l’exposition vise notamment à sensibiliser le public aux enjeux encore tabous associés à la période périnatale. Un programme riche et varié animé par des spécialistes de l’UNIGE et des HUG, comprenant des tables rondes, des ateliers et des animations permettra aux participants et participantes de dialoguer tout au long de l’exposition. Lundi-vendredi: 7h30-19h. Dimanche: 14h-17h, , + d’infos.
Accès TPG: lignes 2 et 19 (arrêt Musée d’ethnographie) / ligne 1 (arrêt École de Médecine)
Les plis au travers du temps: Regards pionniers sur la naissance des Alpes du 15 mai au 26 juillet 2023, Salle d’exposition de l’UNIGE, Bd Carl-Vogt, Genève
Comment les Alpes se sont-elles formées? Si elles ont toujours fasciné, ce n’est qu’entre la fin du XVIIIe et le début du XXe que les grands observateurs alpins ont commencé à décrypter et comprendre les processus de formation et les structures de cet imposant massif. Cet âge d’or de la géologie alpine est révélé par l’exposition passionnante que lui consacre la Section des sciences de la Terre et de l’environnement de la Faculté des sciences de l’Université de Genève (UNIGE). Les visiteurs et visiteuses pourront suivre un parcours immersif sur les traces de ces pionniers. Petit-es et grand-es auront l’occasion de découvrir des coupes géologiques en couleur et des carnets de terrain originaux. Le tout ponctué de témoignages d’anciens géologues. Retrouvez plus d’informations ici.bois, cap sur le pisé et le végétal! +d’infos.
Accès TPG: lignes 2 et 19 (arrêt Musée d’ethnographie) / ligne 1 (arrêt École de Médecine)
Lundi-vendredi: 7h30-19h. Dimanche: 13h-17h.
Visites guidées : Dimanche 4 juin, à 15h. Jeudi 15 juin, à 12h30.
« Quartier réservé » du 22 novembre 2022 au 20 janvier 2023, Salle d’exposition de l’UNIGE, bd Carl-Vogt, Genève
L’exposition retrace l’histoire de Bousbir, quartier réservé aux travailleuses du sexe de Casablanca. Dans un décor des Mille et Une Nuits vivaient 400 jeunes filles d’origine maure, dans des conditions proches du travail forcé, qui n’ont pris fin qu’en 1955. Entrée libre, du lundi au vendredi, de 7h30 à 19h, dimanche de 13h à 17h. Visites guidées dimanche 27 novembre à 15h, jeudi 1er décembre à 12h30, dimanche 15 janvier à 15h. Vernissage mardi 22 novembre, 18h30., + d’infos.
