Musée Barbier Mueller en Vielle-Ville de Genève: actualité muséale

COVID19 – Fermeture temporaire du musée

Le musée est ouvert 365 jours par an, de 11h à 17h.

Les Barbus Müller. Leur énigmatique sculpteur enfin démasqué! du 4 mars au 27 septembre 2020 au musée Barbier-Mueller, en vielle-ville de Genève

Cette exposition est consacrée à de mystérieuses statues en pierre nommées « Barbus Müller », à leurs origines demeurées longtemps mystérieuses. Ces sculptures apparaissent sur le marché vers 1939, chez un antiquaire parisien. Le marchand Charles Ratton les signale à Josef Müller qui en achète un lot de sept. Pour sa part, Ratton en acquiert trois. Le romancier Henri-Pierre Roché en possède trois également. En raison de la Seconde Guerre mondiale, Müller quitte la France pour rentrer en Suisse et laisse ces statues à Paris où il résidait depuis les années 1920. Müller les confie en 1945 au socleur Inagaki. Charles Ratton invite le peintre et sculpteur Jean Dubuffet à se rendre chez ce socleur pour qu’il puisse voir et faire photographier ces objets. Dubuffet les nomme alors les « Barbus Müller », leur consacre une petite publication qui contient aussi le texte fondateur de son concept d’Art Brut et une exposition en 1947 dans le Foyer de l’art brut à Paris. Une enquête est réalisée en 2017 par Bruno Montpied (écrivain, peintre, cinéaste, chercheur et médiateur de l’art brut et des arts spontanés). Sur la base de photos sur verre montrant une forêt de sculptures devant une maison, il localise précisément le jardin (un potager apparemment) et identifie le baptistère du cimetière de Chambon-sur-Lac, classé monument historique en Auvergne depuis 1862, et aussi appelé, plus exactement, chapelle sépulcrale. Le Musée Barbier-Mueller réunit les onze Barbus Müller de sa collection (dont sept acquis par Josef Müller en 1939, avant la Seconde Guerre mondiale), deux Barbus Müller conservés à la Collection de l’art brut de Lausanne et cinq Barbus Müller issues de collections privées. Diverses provenances Diverses provenances ont été attribuées à ces Barbus Müller : Océanie, Afrique… Il est donc intéressant de mettre en regard les Barbus Müller avec des oeuvres de cultures lointaines, sélectionnées dans les collections du musée. Ce dernier se prête ainsi à un jeu d’affinités formelles et de matériaux pour évaluer les ressemblances et les divergences. Vernissage le 3 mars, de 18h à 20h avec une présentation de Bruno Montpied: Enquête sur la provenance des Barbus Muller.

Création du musée Barbier-Mueller de Genève

L’histoire de la collection du musée Barbier-Mueller remonte au début du XXe siècle avec la passion naissante de Josef Mueller (1887-1977) pour l’art.

Exposition temporaire Musee Barbier Mueller Geneve 2018

la « réserve » de Josef Mueller

A l’âge de vingt ans seulement il dédie ses revenus d’une année entière à l’acquisition d’une toile signée Hodler. Avec sa soeur Gertrud Dübi-Mueller il fréquente de grands artistes suisses tels que Ferdinand Hodler, Giovanni Giacometti ou Félix Vallotton. Le peintre Cuno Amiet devient leur grand ami et leur livre des enseignements sur la peinture. Poursuivant sa carrière de peintre à Paris, Josef Mueller y découvre dans les années 20, les arts dits tribaux. En 1955, Jean Paul Barbier épouse la fille de Josef Mueller, Monique et découvre chez son beau-père les arts non-occidentaux. Il commence à créer des ensembles cohérents et représentatifs qu’il fait étudier par les meilleures spécialistes. Le musée Barbier-Mueller ouvre ses portes en 1977, trois mois après le décès de Joseph Mueller. Aujourd’hui la collection compte près de 70000 sculptures, masques, textiles et bijoux. Une centaine de publications ont été rédigées en collaboration avec des anthropologues, archéologues et historiens d’art experts, ainsi que des écrivains et poètes reconnus. En décembre 2016, ce grand homme collectionneur d’objets d’art africaingenevois: Jean Paul Barbier-Mueller, Président fondateur du Musée Barbier-Mueller et de la Fondation culturel leMusée Barbier-Mueller avec le soutien de Vacheron Constantin nous quitte.


Archives: les Expositions passées

Sous l’oeil de Malick Sidibé, Et un chant contre le sida du 19 juin 2019 au 12 janvier 2020 au musée Barbier-Mueller, en vielle-ville de Genève

Exposition temporaire photo photographe Malick Sidibé Malien Musée Barbier Mueller vieille ville GenèveLe Musée organise une exposition en hommage à Malick Sidibé (1935-2016), célèbre photographe malien, récompensé entre autres par le Lion d’or à la Biennale de Venise en 2007. Il est le premier photographe et artiste africain à avoir reçu cette prestigieuse distinction.L’œuvre se découvre d’abord par une quinzaine de portraits inédits pris dans le cadre d’un concours de chants contre le sida, organisé au Mali en 2005 par Monique Barbier-Mueller.

Malick Sidibé a photographié les finalistes du concours devant l’immuable toile de fond rayée et le sol en damiers noir et blanc de son studio.

Exposition temporaire photo photographe Malick Sidibé Malien Musée Barbier Mueller vieille ville Genève

Laurence Mattet, Lucille Reyboz, Monique Barbier-Mueller, Pierre Amrouche

Porteurs de messages de prévention contre le sida, ces chants ont été diffusés sur les ondes des radios régionales auprès de la population malienne. Une capture d’écran des performances des finalistes est projetée dans l’exposition. Des tirages prêtés par le collectionneur André Magnin sont présentés au sous-sol et font revivre le Mali des années 1960-1970 et témoignent du regard bienveillant, curieux et plein d’esprit que Malick Sidibé portait sur ses semblables. Le musée met à l’honneur le Mali en promouvant conjointement ses arts traditionnels. Des pièces exceptionnelles comprenant des pendentifs, des ornements et des figurines, des masques, des sièges et des statues des peuples Soninké, Dogon et Bamana, pour n’en citer que quelques-uns, sont ainsi présentées sur la mezzanine.

Exposition temporaire photo photographe Malick Sidibé Malien Musée Barbier Mueller vieille ville Genève

Monique Barbier-Mueller

Exposition temporaire photo photographe Malick Sidibé Malien Musée Barbier Mueller vieille ville Genève

Mouni Diarra à la kora

Réunies pour la première fois au sein du musée, ces œuvres montrent l’admirable créativité de leurs auteurs, tout en ouvrant une fenêtre sur les multiples rites et croyances auxquels elles servent de support.

Vernissage de l’exposition mardi 18 juin, en présence de la directrice  du musée Laurence Mattet, avec des interventions de Monique Barbier-Mueller (présidente fondatrice du musée Barbier-Mueller), Pierre Amrouche (expert en art africain) et Lucille Reyboz (photographe) qui ont évoqué leurs souvenirs de Malick Sidibé. Des intermèdes musicals de courts morceaux de kora interprétés par Mouni Diarra ont accompagné la soirée. Monique Barbier-Mueller dédicaçant la publication de l’exposition/catalogue (Editions Slatkine) disponible au musée.

Exposition temporaire photo photographe Malick Sidibé

Barbier Mueller au Salons

Malick Sidibé, plongée dans les années 1960-1970 jeudi 10 octobre 2019 à 18h au Théâtre Les Salons à Genève. Une discussion avec Manthia Diawara et André Magnin, amis proches du photographe, suivie d’un concert. Au Mali, dans les années 1960, souffle un vent de liberté et de légèreté qui transparait dans les photos noir et blanc de Malick Sidibé. Loin d’être figée dans ses coutumes et ses traditions, la société malienne se montre ici novatrice. Entrée libre.

Le musée est ouvert 365 jours par an, de 11h à 17h.


Asen : Mémoires de fer forgé, Art vodun du Danhomè (Bénin) du 21 novembre au 26 mai 2019 au musée Barbier-Mueller, en vielle-ville de Genève

Exposition temporaire Musée Barbier Mueller Genève Asen Mémoires de fer forgé figurines BéninCette exposition est consacrée aux asen, des autels portatifs en fer forgé provenant de l’ancien royaume du Danhomè (République du Bénin). Elle aborde diverses thématiques importantes pour mieux cerner ces saisissantes sculptures grâce à la collection d’asen du musée Barbier-Mueller qui se caractérise par son ampleur (soixante-cinq exemplaires), son raffinement et sa diversité. Ces autels portatifs en métal, façonnés à Ouidah et à Abomey dans l’ancien royaume fon de Danhomè, au sud de la République du Bénin, pendant une période s’étendant du milieu du XIXe siècle au XXe siècle. Plantés dans le sol, ces objets interviennent dans les cérémonies de commémoration des défunts de la famille. Dans la tradition régionale, ils sont également étroitement associés aux rites de guérison, de protection et de divination, ainsi qu’à la transmission du savoir entre le monde des esprits et le monde terrestre – dans les temples vodun, entre autres contextes. A mesure que la cour du Danhomè étendit son pouvoir, du XVIIe au XIXe siècle, cette fonction fut progressivement délaissée au profit d’un usage plus commémoratif réservé à la famille royale. Dans l’exposition, il est également question de la main de l’artiste, des usages des asen, de l’histoire de ces objets d’art et de la manière dont ils nous ouvrent des portes pour comprendre l’histoire plus générale de leur région d’implantation. Catalogue d’exposition et carnet pour enfants sont disponibles à l’accueil du musée. Visites familles les dimanches 10 mars, 7 avril et 16 juin à 14h30. Visites adultes les dimanches 17 mars, 14 avril et 12 mai à 11h15 et 14h30.

Le musée est ouvert 365 jours par an, de 11h à 17h.


Arts lointains si proches dans le regard de Silvia Bächli du 20 mars au 28 octobre 2018 au musée Barbier-Mueller, en vielle-ville de Genève

Exposition temporaire Musee Barbier Mueller Geneve 2018L’exposition actuelle est né de la volonté de laisser carte blanche à un artiste contemporain pour investir le musée. Il y a vingt ans déjà, il mettait en parallèle des oeuvres de Picasso avec des sculptures africaines et a proposé à l’artiste suisse Silvia Bächli d’assumer le commissariat de l’exposition.

Marquée dans sa jeunesse par ses visites au Museum der Kulturen de Bâle et au Musée de l’Homme à Paris, où les objets s’entassaient en nombre dans les vitrines, elle a imaginé reconstituer, au rez-de-chaussée du musée, la « réserve » de Josef Mueller, caractérisée par une accumulation de pièces dans des caisses se superposant du sol au plafond. Elle décrit ainsi ce qui l’a jadis fascinée au Musée de l’Homme à Paris :

Exposition temporaire Musee Barbier Mueller Geneve 2018

Silvia Baechli

« L’inconnu, l’étranger, la présence des masques et des statues et l’amas d’objets dans les vitrines. Cet amas, que je découvrais de mes propres yeux, restait sans explications – il y avait bien sûr de petits cartels en français mais je ne les comprenais pas à l’époque. La fonction ou la finalité des objets me demeuraient inconnues ou étaient laissées aux soins de mon imagination. Les objets étaient simplement là, calmes et intenses. Je ne savais rien sur eux. Ils étaient étrangers, autres, mais ils pouvaient parler, sans mot, par leur présence. Cette présence, je la recherche inlassablement dans mes dessins. Il s’agit de la même lumière intérieure, très difficile à décrire. Peut-être se laissera-t-elle apercevoir dans la confrontation des statues et masques de la collection Barbier-Mueller et de mes dessins ».

Silvia Bächli fait ainsi dialoguer seize gouaches sur papier de sa main avec  160 objets qu’elle a choisis dans les réserves du musée Barbier-Mueller. Les formes claires, simples et épurées de ces masques, statuettes, vases et boucliers, qui répondent à ses œuvres, l’ont interpellée. Cette rencontre esthétique se veut le support d’une réflexion sur la forme mais aussi le statut et la fonction attribués aux œuvres ou aux objets d’art, qu’ils soient arts « lointains » ou « proches », dès lors qu’ils sont collectionnés et exposés dans un musée.