Musée international de la Croix Rouge et du Croissant-Rouge, Genève: expositions, visites, conférences

Musée de la Croix Rouge et du Croissant Rouge à Genève, "Les Pétrifiés" de Carl Bucher (1935-2015)

Imagine. Réflexions sur la paix du 16 septembre 2020 au 10 janvier 2021, au Musée international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (MICR), Genève

Cette exposition de photographies s’interroge sur les processus de paix et leur réalité vécue au quotidien. Des grands noms de la photographie retournent sur les lieux où ils ont réalisé, pour certains d’entre eux, leurs premiers reportages, il y a plus de 20 ans, afin d’examiner les conditions et conséquences des processus de paix. Don McCullin offre un aperçu d’un Beyrouth déchiré par la guerre civile, et Nichole Sobecki, nous emmène dans les rues de la capitale libanaise qui, malgré les stigmates du conflit tente de renaître. Roland Neveu a vu les Khmers rouges entrer dans Phnom Penh en 1975. Gary Knight, 45 ans plus tard, est parti photographier les Cambodgiens encore englués dans les conséquences de la guerre. Ron Haviv a suivi la guerre en Bosnie-Herzégovine, puis et est retourné sur les traces de ce conflit fratricide pour rendre compte de la situation actuelle. Les reportages de Gilles Peress et de Stephen Ferry apportent un éclairage sur la paix respectivement en Irlande du Nord, deux décennies après la signature du traité de paix du Vendredi saint, et en Colombie, ou la paix signée en 2016 lutte pour être mise en œuvre.

Le musée est ouvert du mardi au dimanche, de 10h à 18h d’avril à octobre (de 10h à 17h de novembre à mars)

À l’origine de l’exposition, le projet de la VII Foundation vise à encourage la prise de parole et stimuler la conversation autour des enjeux de la construction de la paix et de l’arrêt des conflits dans le monde. Il a d’abord pris la forme d’une publication « Imagine : Penser la Paix », qui rassemble une sélection d’images puissantes et de textes de journalistes, photographes, universitaires, artisans de la paix et citoyens. Chacun dans leur domaine de réflexion, ils offrent une vision unique et fascinante de la paix. Sorties pour la plupart du contexte qui les a fait naître, les 160 photographies se déploient au sein d’une scénographie réalisée à partir des matériaux récupérés de l’exposition précédente pour contourner les nombreuses contraintes imposées par la crise sanitaire. Elles révèlent les multiples facettes de conflits complexes et d’un idéal de paix souvent éloignés des réalités du terrain. Des installations sonores créées par le Théâtre Spirale, tirées d’extraits du livre « Imagine – Penser la paix », une légende amérindienne « Les Deux Loups » déployées sur les murs latéraux ainsi deux films documentaires produits par la VII Foundation offrent d’autres pistes de lecture des images. Provenant des collections et montrée pour la première fois au public depuis 2011, la présence de la médaille de la première édition du prix Nobel de la paix – attribuée à Henry Dunant et Frédéric Passy en 1901 – n’est pas anodine. En dialogue avec les photographies présentes, elle illustre le processus non-linéaire de construction de la paix. Enfin, deux espaces participatifs encouragent les publics à s’exprimer. D’une part, un support interpelle le visiteur sur la paix et ce qu’elle représente à ses yeux. Il/elle est libre de partager ses impressions et réflexions sur un mur dans l’espace même de l’exposition. D’autre part, le Wish Tree, œuvre de Yoko Ono – installée dans l’atrium du Musée après avoir été exposée dans le monde entier – l’invite à formuler un vœu pour l’avenir et l’accrocher sur les branches d’un olivier. Les vœux sont ensuite remis à Yoko Ono et déposés dans son IMAGINE PEACE TOWER, une installation réalisée en 2007 à Reykjavík, en Islande, et dédiée à la mémoire de son défunt mari John Lennon.

COVID-19: Réouverture mardi 9 juin 2020

  • Après plus de deux mois de fermeture, le Musée de la Croix Rouge et du Croissant Rouge vous attend avec l’exposition temporaire: « L’Aventure humanitaire » métamorphosé par Magnum Photos. Lancé en ligne début mai, le projet « COVID-19 et Nous par Magnum Photos et Vous » se déploie dorénavant dans nos espaces grâce à des photographies disséminées au sein de l’exposition permanente. Le regard unique des photographes de la prestigieuse agence offre une toute nouvelle perspective de visite et crée un dialogue passionnant avec les collections et l’action humanitaire!
  • L’exposition temporaire Arrêt sur Affiches est prolongée jusqu’au 26 juillet ! La pandémie nous l’a prouvé, les affiches du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge restent plus actuelles que jamais. De 1870 à nos jours, celles-ci nous rappellent l’importance des mesures d’hygiène, de prévention des maladies, mais aussi la promotion de valeurs d’entraide et de solidarité. Quand le patrimoine nous permet de mieux comprendre le présent et le monde qui nous entoure.
  • Dix sculptures regagnent leurs collections, comme l’oeuvre de l’artiste suisse Carl Bucher (1935-2015), « Les Pétrifiés » qui ont accueilli les visiteurs dans l’atrium du musée dès son ouverture en 1988. Avec ce groupe de personnages, l’artiste a voulu créer un mémorial en honneur de toutes les victimes sans défense, une œuvre qui bouscule l’indifférence du visiteur et l’oblige à se questionner sur la condition humaine. Ces sculptures quittent aujourd’hui l’atrium pour réintégrer le calme des collections du musée, et bénéficier d’actions de conservation préventive, devenues nécessaires afin de préserver leur intégrité. Pour la réouverture le Musée vous accueille avec une œuvre porteuse d’espoir. Et quoi de plus symbolique qu’un magnifique olivier ? Yoko Ono imagine un arbre à vœux, Wish Tree, en 1996. Il a depuis été exposé dans le monde entier. Tous les vœux sont retournés à Yoko Ono et sont déposés dans son IMAGINE PEACE TOWER, une installation réalisée en 2007 à Reykjavík, en Islande, et dédiée à la mémoire de son défunt mari John Lennon. Plus d’un million de personnes ont partagé leurs vœux, venez rédiger le vôtre !

L’exposition permanente

L’Aventure humanitaire propose une expérience unique d’initiation à l’action humanitaire, rompant avec la muséographie traditionnelle. A travers trois espaces, créés chacun par un architecte de renom et d’horizon culturel différent, vous explorerez trois grands défis actuels : Défendre la dignité humaine (Gringo Cardia, Brésil), Reconstruire le lien familial(Diébédo Francis Kéré, Burkina Faso), et Limiter les risques naturels(Shigeru Ban, Japon). Au-delà des périodes troublées de l’Histoire ou des zones de conflits actuels, ces problématiques concernent chacune et chacun d’entre nous aujourd’hui et, plus globalement, notre futur commun pour les décennies à venir. Une Chronologie interactive déroule 150 ans d’histoire humanitaire tandis que le Focus d’actualité présente les opérations de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge sur l’ensemble du globe.

Premier Samedi du mois gratuit – une occasion idéale de découvrir ou redécouvrir l’exposition permanente avec les différentes versions des audio-guides.

Arrêt sur Affiches du 2 octobre 2019 au 26 janvier 2020 au Musée international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (MICR), Genève

Le MICR lève le voile sur sa riche collection provenant du monde entier. Miroirs de la société, les affiches portent en elles l’histoire du Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, de ses actions, de sa nécessité et, plus encore, de son universalité. Patrimoine constitué après l’ouverture du Musée en 1988, complété continuellement par des dons des Sociétés nationales ou des achats, il compte aujourd’hui plus de 10’000 pièces allant de 1866 – trois ans après la fondation de la Croix-Rouge – à nos jours. Récoltes de fonds, de sang, prévention des maladies ou des catastrophes naturelles, recrutement des bénévoles, enseignement des premiers secours ; une multitude de messages se sont déployés sur ces supports et dans l’espace public. Ils ont interpellé, alerté, informé et aussi tenté de rallier à la cause humanitaire. Moyen de communication et d’information par excellence, les affiches sont également les témoins d’une époque. Elles capturent les événements qui bouleversent le monde et restituent les préoccupations des régions dans lesquelles elles apparaissent. Miroirs de la société, elles portent en elles l’histoire du Mouvement, de ses actions, de sa nécessité et, plus encore, de son universalité.

Le musée est ouvert de 10h à 17h.

Fondée en 1869, la Revue internationale de la Croix-Rouge est la plus ancienne publication dédiée au droit, à l’action et aux politiques humanitaires. L’exposition révèle la mission que s’est donnée la Revue de parler des progrès dans le domaine du droit des conflits armés, et des innovations qui ont marqué l’action humanitaire depuis 150 ans. Elle invite à vous plonger dans les 110 000 pages qui constituent la riche histoire du journal, et à se poser deux questions : un écrit a-t-il le pou- voir de changer le cours de l’histoire ? L’explosion de mots est-elle plus puissante que celle des bombes dans les conflits d’aujourd’hui? En partenariat avec la Fondation Bodmer. Entrée gratuite, du mardi au dimanche 10h à 17h.


Prison du 6 février au 18 août 2019 au Musée international de la Croix Rouge et du Croissant-Rouge, Genève

exposition temporaire musée international de la croix rouge Genève L’exposition Prison aborde de nombreuses thématiques: enfermement, conditions de détention, exclusion mais aussi réinsertion et justice restauration; autant de notions qui ne peuvent laisser indifférent et dont la complexité nécessite un traitent s’appuyant sur de nombreuses approches: historique, philosophique, anthropologique, sociologique et bien évidemment artistique. L’exposition est riche d’une multitude de médiums qui permettent d’appréhender un univers qui suscite malaise et fascination: la photographie, avec notamment les travaux de Grégoire Korganow – fruit d’une longue expérience immersive et libre dont les prisons françaises dans les années 2010-2013 – de Mathieu Pernot et sa série Les Hurleurs ou de Valerio Bispuri au sei des prisons italiennes; les installations artistiques avec notamment Temps mort de Mohamed Bourouissa, film construit autour d’échanges sur téléphone portable entre l’artiste et deux détenus, Purganory de Jesse Crimes, lui-même incarcéré, ou l’étonnante création du plasticien Jean-Michel Pancin réalisée à partir de pelotes abandonnées dans les cours de promenades, les préaux, ou prises dans les barbelés; la vidéo avec des témoignages d’acteurs du monde carcéral. Des dispositifs multimédias, des créations musicales, des textes écrits par des auteurs emprisonnés et même un cinéma – où est projeté un montage de films qui ont façonnés l’imaginaire collectif – permettant aux visiteur de rencontrer les principaux acteurs de la prison. Une partie importante est dévolue aux objets créés en détention clandestinement ou dans le cadre d’ateliers surveillés. A ne pas manquer: des katchinas, statuettes réalisées par des détenues de la prison genevoise de Champ-Dollon, un four à pizza trouvé dans la cellule d’Andreas Baader ou encore un sac de luxe sur lequel a été tatoué le visage de Frida Kahlo par des détenus mexicains. Forte et décalée, la scénographie réalisée par le bureau zurichois Holzer/Kobler Architekturen surprend avec ses murs verts et ses trois cellules aux barreaux métalliques oranges qui évoquent chacune un aspect de la détention, sans les caricaturer. Elles se déploient autour d’un îlot central, zone ouverte qui pose la question des alternatives à l’incarcération. Réalisée en coproduction avec le musée des Confluences de Lyon et le Deutsches-Hygiene Museum de Dresde, Prison propose une réflexion allant au-delà des murs du monde carcéral et révèle les paradoxes de notre société contemporaine. Ouvert de 10h à 18h, sauf le lundi.

Animations: Rencontre entre le Professeur Hans Wolff, chef de la médecine pénitentiaire aux HUG et Paul Bouvier, Médecin-chef du CICR: Santé en Prison dimanche 17 février, 14h30. – Musique en Prison dimanche 10 mars, 11h et 14h30 dans le cadre du festival Cartes Blanches de l’Ensemble Contrechamps. – dans le cadre du festival FIFDH: Un grids per la giustizia du réalisateur Fulvio Bernasconi, suivi d’une discussion en présence de Dick Marty jeudi 14 mars, 18h30..


EXIL du 14 mars au 25 novembre 2018 au Musée international de la Croix Rouge et du Croissant-Rouge, Genève

Exposition temporaire, réalisée en coproduction avec Magnum Photos, Paris. Plus de 300 photographies et oeuvres d’art racontent le voyage du migrant, la marche, l’attente, l’incertitude, la peur, mais aussi l’espoir. De la guerre d’Espagne à celle du Vietnam, du conflit des Balkans à celui qui a embrasé le Moyen-Orient en passant par l’arrivée de réfugiés aux portes de l’Europe, l’exposition offre une plongée documentaire passionnante dans l’histoire du monde et de l’humanité. Une scénographie audacieuse où les visiteurs sont invités à prendre en main les photographies ; se crée ainsi un rapport complètement différent avec l’image et le destin des personnes figurées.

La prestigieuse agence photographique Magnum Photos voit le jour au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Fondée par quatre photographes marqués par le conflit – Robert Capa, Henri Cartier-Bresson, George Rodger et David « Chim » Seymour -, elle allie subtilement des contenus journalistiques et artistiques. Ce mariage particulier – soulignant non seulement le sujet mais la manière de l’observer – définit encore aujourd’hui la spécificité de l’agence. Organisée en coopérative détenue par ses photographes, elle raconte le monde et donne une interprétation des peuples, des événements et des personnalités, des phénomènes sociaux en garantissant l’indépendance totale du choix et du traitement des sujets.  Sa vocation d’agence de presse s’exprime quotidiennement par une présence sur le terrain de l’actualité et des grands événements et se déploie grâce à un relais de quatre bureaux éditoriaux basés à New York, Paris, Londres et Tokyo, ainsi que de quinze agents qui fournissent des photos à la presse, aux éditeurs, à la publicité, à la télévision, aux galeries et musées du monde entier.  Grâce à son travail, Magnum Photos a documenté l’histoire du monde, de la guerre civile espagnole jusqu’à nos jours en couvrant les désastres, les conflits, les mouvements civiques, les phénomènes sociétaux, industriels et économiques.

Aujourd’hui les 65,6 millions de personnes déplacées redessinent les contours géographiques, sociétaux et transforment les pays. La migration bouscule les échelles du global, du local et du transnational: les voies de communication et les échanges économiques se multiplient, les marchés du travail se segmentent ; les droits sociaux et juridiques s’effritent, rendant plus visibles l’apparition de nouvelles formes de précarisation et d’inégalité. Aussi, les réseaux familiaux se déploient au-delà des frontières et donnent accès à de nouveaux modes de vie et de consommation. Des territoires et des frontières inconnus jusqu’alors apparaissent et impliquent de nouveaux modes d’appartenance et d’identité.

Musee Croix rouge Geneve exposition Exile

© Barthélémy Toguo / ADAGP Paris, 2018
© 2018, ProLitteris Zurich
Photography Courtesy Galerie Lelong

Barthélémy Toguo (*1967), Cameroun
Dans son œuvre Road to exile, Barthélémy Toguo aborde le thème de l’immigration et du voyage. A travers cette barque de l’exode, il nous confronte à l’épreuve de la traversée en haute mer, sur la houle précaire d’une vague de bouteilles vides. Les baluchons de tissus multicolores, empilés de telle sorte qu’ils semblent sur le point de chavirer, symbolisent le nombre de migrants à bord de ces radeaux de fortune, où la mort est souvent au rendez- vous.  Plus qu’un passage d’un pays à un autre, c’est une métamorphose que vivent chaque jour des milliers d’immigrés. Désireux de se rendre en Europe, terre de l’Eldorado, la plupart d’entre eux, venus d’Afrique, se heurte à des déplacements et à des démarches administratives interminables. Leur chemin les conduit le plus souvent à l’exclusion.

Le musée est ouvert de 10h à 17h.


Sida, une lutte en images. Plus de trente ans de communication de la maladie du 5 avril 2017 au 7 janvier 2018 au Musée international de la Croix Rouge et du Croissant-Rouge, Genève

Roger Mayor

Créée au Deutsches Hygiene-Museum de Dresde, l’exposition montre – à travers une sélection d’affiches de  campagnes de sensibilisation, d’oeuvres de art et de projections – que s’exprimer sur un sujet aussi sensible a relevé, et relève encore aujourd’hui, du défi. A son apparition, le virus est « la maladie des autres », celle réservée aux drogués, aux homosexuels et aux prostituées, le public se sent en sécurité. C’est en juillet 1985 avec les premiers cas de sang contaminé que le virus marque son entrée dans la sphère publique. Dès lors, le sida s immisce dans l imaginaire collectif et devient objet du discours médiatique. Véritables miroirs de la société, les campagnes de sensibilisation, tantôt alarmantes, choquantes, émouvantes voire drôles révèlent les angoisses, les tabous et les contextes dans lesquelles la pandémie apparaît, évolue et se propage. Plus qu une réflexion sur la maladie, l’exposition questionne notre rapport au corps et à la sexualité.