Lausanne : Mudac

Robert Wilson, scénographe, artiste de théâtre et d’arts visuels, fondateur et directeur du Watermill Center, dans l’Etat de New York.

Thierry Barbier-Mueller devant l’oeuvre (BarbedWire Chaire and BarbedWire) d’Anik Levy

Le mudac accueillit l’une des plus grandes collections privées au monde de chaises d’artistes, de designers et d’architectes. Cette collection initiée dès les années 90 regorge de propositions d’assises inédites et son propriétaire, Thierry Barbier-Mueller, a franchi le pas de la présenter au public après plus de 20 ans de passion restée confidentielle. La qualité de cet ensemble est unique et va bien au-delà de la typologie des chaises habituelles : recherches et propositions formelles innovantes, emploi et assemblage de matériaux expérimentaux, jeu d’échelles et de fonctions caractérisent cette collection foisonnante. La chaise est par essence l’objet emblématique du champ du design et chaque designer s’est attelé au moins une fois dans sa carrière, à cet objet en explorant ses limites, en le revisitant pour y apposer sa propre lecture et signature. La chaise incarne une tension d’esthétique et d’usage, une musicalité dont la gamme des possibles est infinie. Les variations et tempos ont captivé l’attention de Thierry Barbier-Mueller pour cet objet fonctionnel à la fois évident et nécessaire. Devant ce corpus si riche et diversifié, et afin de rendre à chaque chaise sa propre spécificité, il a été proposé au célèbre metteur en scène américain Robert Wilson, d’imaginer une scénographie immersive et exceptionnelle, empruntée au répertoire des arts du spectacle. Par son entremise, l’exposition du mudac se lit comme un immense opéra, en plusieurs scènes. Le vocabulaire sémantique glisse, le réalisateur en la personne du collectionneur met à disposition le corpus, le metteur en scène opère un choix et dirige les acteurs-chaises dans des décors et des ambiances scéniques où le son et la lumière amplifient la dramaturgie de la narration. Le mudac offre un théâtre flambant neuf en ouvrant sa première grande exposition sur ses 1500 m2 de plateau, au sein du quartier des arts de Plateforme 10. A Chair and You confronte les spectateurs et spectatrices à cet objet en quatre actes, autant de situations scéniques où se lit en filigrane, au travers de cette collection unique, l’histoire du design des années 60 à nos jours. + d’infos.

Bright Space: des îlots composés d’un réseau dense des chaises les plus colorées autour de thèmes

Medium Space : Calme, minimalsime et géométrie, inspiré par l’architecture du pavillon allemand de Mies von der Rohe

Dark Space: Comme flottantes dans l’obscurité, les chaises sont révélées tour à tour paar des bains de lumière conférant une aura de stars aux assises.

Kaleidoscope Space: Un cube dont l’intérieur est tapissé de miroirs sert d’écrin aux objets.

L’équipe de l’exposition: Chantal Prud’Hom, directrice Mudac – Robert Wilson, artiste américain / scénographe – Thierry Barbier Mueller, collectionneur – Annick Lavallée-Benny, scénographe associée

Rencontrons-nous à la gare du 18 juin au 26 septembre 2022, Mudac, Musée cantonal de design et d’arts appliqués contemporains, Plateforme 10, quartier des arts, Lausanne

Automate musical de la gare de Nyon, lanternes d’aiguillage CFF et lanternes de queue de train SNCF

JR eye contact

JR, Eye contact, #360, trains, 2018, 70 pièces de métal, 320 rails, 40 locomotives 360 wagons, galerie Perrotin, New York

Yin Xiuzhen, Portable City (dans une valise), Pace Gallery, Hong Kong

Stéphane Kropf, Collection Hilti Art Foundation, Vaduz, reconnaissez-vous les lignes de vos anciens billets de trains ? Grâce à des couleurs fluorescentes dans un jeu optique avec de subtiles gradations chromatiques, le parcours en colimaçon offre une expérience visuelle particulière.

Le mudac s’attache à l’idée de la rencontre et du roman de gare, en mettant l’individu au coeur de son exposition. Lieu incontournable des retrouvailles, des départs, des rencontres fortuites, la gare et le train sont des espaces de vie propices à l’imaginaire. Cette union entre la réalité et la fiction est au centre de l’histoire narrée par l’exposition Rencontrons-nous à la gare, ponctuée d’objets issus du champ du design mais aussi de l’art contemporain, et prolongée par les images en mouvement de la publicité et des clips musicaux. Les documents d’archives CFF côtoient ainsi des oeuvres de Christian Boltanski, Salvador Dali, Sophie Calle, Marina Abramovic, ou encore Studio Jobs. + d’infos.

Studio Job, Train Crash Table, 2015 – en arrière plan: Ulay/Marina Abramovic, Relation in Space, 1976 

Cette première exposition du mudac au sein de son nouveau bâtiment s’inscrit dans la thématique commune des trois musées de Plateforme 10 : TRAIN ZUG TRENO TREN. Les trois expositions – « Rencontrons-nous à la gare» au Mudac / « Voyages imaginaires » au MCBA , + d’infos / « Destins croisés » à Photo Elysée, + d’infos – conçues par chacun des musées de Plateforme 10, enrichissent la métaphore de cette histoire ferroviaire en rendant hommage à la vocation antérieure du site à proximité immédiate de la gare de Lausanne, étape du mythique Venise-Simplon-Orient-Express. Privilégiant le croisement des regards, les trois expositions s’affranchissent de toute approche littérale ou strictement chronologique. Transdisciplinaires, elles préfèrent au contraire traverser leur sujet de part en part, symbolisant dans un mélange subtil de force identitaire et de versatilité la genèse de cette plateforme unique en son genre qu’est le quartier des arts de Lausanne. + d’infos.

Boris Dennler: Radiator Chair, 2016

La crise climatique et environnementale constitue certainement l’enjeu le plus important du XXIe siècle auquel l’humanité doit faire face. La Terre souffre et tente de nous alerter par divers moyens : dérèglements climatiques, hausse du niveau des eaux, diminution de la biodiversité ou encore extinction de certaines espèces. L’urgence écologique résonne aux quatre coins du globe et ce jusque dans l’univers du design et des arts appliqués. Le mudac – constituant sa collection en résonance avec des thématiques sociétales liées à l’actualité – rassemble depuis quelques années des pièces qui nous rendent attentif·ves à ce que la Terre nous dit. Écouter la Terre propose une immersion dans la collection du mudac où les disciplines variées qui la constituent – design, art verrier, céramique, arts graphiques et bijou contemporain – se côtoient et reflètent les enjeux du changement climatique. Les œuvres attestent de l’engagement des designers et ouvrent le champ des possibles. Elles sont un appel, celui qui nous supplie de ne plus considérer la nature uniquement sous le prisme de la rentabilité, de la productivité ou comme une ressource sans limite devant servir les activités humaines. Elles nous poussent à tendre l’oreille aux phénomènes qui témoignent de la diversité de notre planète et de prendre conscience de la fragilité de cet équilibre. + d’infos.

Tomas Libertiny, The Seed of Narcissus, 2011

studio mischer-traxler : Nocturnal cloud, 2019