Genève: Maison Rousseau & Littérature

La MRL se fait l’écho de l’émergence de nouvelles expressions, de collectifs d’auteurs et de toutes sortes de revendications en lien avec le statut de l’écrivain avec une programmation, ouverte aux différents genres littéraires. Elle donne une scène à la lecture sous différentes formes: lecture musicale, performée, dessinée. Des cycles thématiques rythment la saison.

Vernissage: Noir sur noir mardi 1er mars 2022 à 18h

L’imprimeur Che Huber vient de publier le livre concept Noir sur noir. Dans cet objet atemporel, il a rassemblé les rencontres qui ont jalonné son parcours. La MRL célèbre avec lui le couronnement d’une carrière!
Au début des années 2000, Che Huber fonde l’imprimerie « Noir sur Noir » aux Acacias. Il entame alors une collaboration fructueuse avec Christophe Cherix du Cabinet des Estampes de Genève et Lionel Bovier, actuel directeur du MAMCO. Plusieurs fois lauréat du concours des Plus beaux livres suisses et distingué en 2018 du prestigieux Prix Jan Tschichold, Che Huber présente à la MRL un travail aussi expérimental que personnel. Le livre Noir sur noir repousse les limites des techniques traditionnelles d’impression pour offrir une palette de couleurs. Chaque page évoque une personnalité ayant traversé la carrière de l’imprimeur. Ainsi, le vernissage lève le voile sur un engagement de plus de deux décennies. Il donne l’occasion aux amoureuses et amoureux du livre de savourer la synthèse polychrome de rencontres singulières. + d’infos.

Cycles à venir

  • Rousseau et la Nature – Six rencontres de février à juin 2022: Pour penser l’histoire, la société, et aussi le rapport à soi, Rousseau se réfère à la nature. Aujourd’hui, alors même qu’elle est menacée partout, son concept fait problème: il est devenu difficile de l’invoquer sans précautions.
  • Équinoxes et solstices: Quatre concerts de mars à décembre 2022: Un programme musical inédit ponctué d’interludes parlés et philosophiques célèbre le passage d’une saison à l’autre, comme un hymne radieux à la nature en écho à l’œuvre de Rousseau et au Siècle des Lumières. + d’infos.

Archives – événements passées

Ouverture festive et gratuite de la Nouvelle Maison Rousseau & Littérature (MRL) du 9 au 12 novembre 2021, en Veille Ville de Genève

Cinq étages en fête à 40 Grand-Rue pour accueillir la diversité littéraire et poétique: amour, rap, livres d’artiste, contes pour enfants, musique baroque et philosophie sont les points de ralliement du programme à la rencontre des personnalités du monde de la recherche, de l’art et de la musique. 

Sur la scène de la MRL, Guillaume Pidancet s’est entouré du musicien Michael Borcard et de l’écrivaine Mélanie Chappuis – ici récitante aux accents espagnols. Ils nous ont raconté les formidables aventures du gros chat Zorbas et de la jeune mouette Afortunada. Cette fable entraîne petits et grands dans l’univers merveilleux de l’immense écrivain chilien Luis Sepúlveda. On y retrouve la grâce de ce conteur hors pair et certains de ses thèmes de prédilection : l’amitié, la solidarité et le rapport à la nature. Histoire de la mouette et du chat qui lui apprit à voler a fait aussi l’objet d’un livre audio à écouter comme podcast sur le site de la MRL, ICI.

Les deux compositeurs Cyrielle Formaz (Meimuna) et Stephane Blok, MRL 12 décembre 2021

La fête s’est terminée par la rencontre entre la jeune chanteuse, compositrice valaisanne Cyrielle Formaz, son groupe Meimuna donne un concert ce vendredi 17 décembre aux Docks à Lausanne, en savoir plus, ICI et le poète et musicien Stephane Blok + d’infos.

Ouverture du Festival Fureur de Lire 2021 jeudi 25 novembre, Maison du Rousseau et de la littérature en présence de Manuel Tornare, Président du Conseil de la Fondation de la MRL et Donatella Barnardi, Directrice de la MRL. Une grande partie de la programmation du festival se déroule dans les deux salles principales: la Grande Salle et la Salle plurielle, où bon nombre de lectures et rencontres seront enregistrées et mises à disposition du public sous forme de podcasts a posteriori. +d’infos.

Lien vers notre page du Festival Fureur de Lire, ICI.

Colloque Le nouveau siècle de Jean Starobinski du 10 au 13 novembre 2021, MRL –Maison Rousseau & Littérature en veille ville de Genève

Conférence avec des spécialistes autour de Jean Starobinski: Martin Rueff professeur et co-directeur Uni Genève-UNIGE, l’écrivain Daniel de Roulet (Jean Starobinski et la Suisse) et Helene Merlin-Kajman Professeur Paris 3, directrice du centre de recherche Cercle, Directrice de la revue Transitions

Durant quatre jours, la MRL a accueilli un colloque international rendant hommage à l’éminent Jean Starobinski. Une manière de célébrer non seulement sa mémoire, mais aussi de remettre sa pensée dans le débat contemporain et de relancer son œuvre dans les urgences du présent. Jean Starobinski (1920-2020) a passé sa vie à rendre intelligible le sensible et à transmettre les œuvres des autres pour éclairer les chemins du savoir et de la création. L’exigence avec laquelle il a interrogé le passé est la marque d’un homme farouchement ancré dans le présent et soucieux du futur.

Laurent Jenny Uni Genève-UNIGE et Julien Zanetta Universite Saint-Louis Bruxelles

Ce colloque, intitulé «Le nouveau siècle de Jean Starobinski» et organisé par Martin Rueff et Julien Zanetta, a réuni des intellectuels d’horizons différents. Toutes et tous ont pour mission de déployer un aspect spécifique de la recherche magistrale de celui qui a été l’un des plus grands critiques en langue française du XXe siècle. Entrée libre sur réservation. + d’infos.

Jacques Roman: Journal d’un émeutier  dimanche 10 octobre 2021 à la MRL –Maison Rousseau & Littérature en veille ville de Genève

Jacques Roman

Dans le cadre de la Fête du Théâtre Jacques Roman en poète-émeutier et en acteur vibrant – lui qui a si souvent fait chavirer nos scènes de théâtre – a lu pour nous son recueil de poèmes Qui instruira le livre du calme. Un texte sombre et solaire qui laisse des traces sur son passage. L’immense acteur y démontre une fois de plus son talent de poète. Dans Qui instruira le livre du calme (journal d’un émeutier), Jacques Roman prend sa plume comme d’autres leur arme et frappe dans le mille de l’Histoire et de l’intime. De sa verve incendiaire, il organise l’insurrection et fomente un attentat de mots. Face à notre temps au bord du néant, il oppose une langue d’une beauté implacable. Il en appelle à la poésie, à l’encre et au crayon. Faites des textes, pas la guerre. Sa fougue suit sa trajectoire et peu importe les vents contradictoires. Son livre est le cri d’un homme pris en étau entre deux âges, un chant entre désespoir et rage de vivre. Sur la lame d’une société en crise, il tend à notre monde un miroir sans complaisance. Jacques Roman n’est pas seulement une bête de scène et un homme de théâtre renommé, il est aussi un tout grand écrivain.

La lecture musicale avec l’auteur et interprète Arno Camenisch a inauguré les soirées musicales dimanche 25 avril 2021.. L’auteur qui vit à Bienne, nous a lu des extraits de son dernier livre: « Derrière la gare » (éd. Quidam) racontant son enfance dans les montagnes des Grisons (Surselva) et des texts en français, allemand, italien et roma (Romantsch). Il était accompagné par l’excellent guitariste Roman Nowka.

En photo Arno Camenisch, Roman Nowka

Les portes de la MRL –Maison Rousseau & Littérature s’ouvrent mercredi 21 avril 2021 en veille ville de Genève

Ce lieu de débats et de rencontres pour célébrer la pensée visionnaire de Rousseau et propager la littérature et le goût de la lecture vous accueille de nouveau dans le lieu de la maison natale de Jean-Jacques Rousseau. Un lieu d’intersection des littératures locales, nationales et internationales avec un accent mis sur la création romande. Une maison des écrivaines et des écrivains, des artistes et des savoirs qui se trouve en plein cœur de la Cité, au 40 Grand-Rue.

Puits de lumière pour le Philosophe des Lumières

Après deux années de travaux, une bâtisse entièrement rénovée vous accueille désormais sur six étages. Imaginé autour d’un puits de lumière qui la diffuse à tous les étages, la rénovation de la maison reflète la ligne programmatique et invite à rêver le monde pour le réinventer. Un ascenseur pour relier les 6 étages qui évite de toucher les murs pour garder la mémoire des lieux.

Les traces dans le crépis – mémoire des anciennes structures porteurs, montrées par l’architecte Tiziano Borghini, GM Architectes Associés. L’escalier, espace de transition entre au rez-de-chaussée, avec à chaque étage une variante de papier peint du « herbier de Rousseau » de l’artiste belge Eva Le Roi.

Restitué à la population cette maison du 18e siècle qui englobe désormais deux entités: la maison d’écrivain et celle de la littérature suisse.

Au rez-de-chaussée un café ouvert à tous

Les bureaux au 4e, et trois studios au 5e sous les combles pour des résidences d’écrivains, dans la tradition des écrivains qui ont toujours trouvé refuge à Genève.

Lieu de débat: actualisé la pensée du philosophe en la confrontant aux défis de notre époque.

Deux salles destinées aux événements (rencontres, ateliers d’écriture, lectures, lectures musicales, performances, activités de médiation culturelle) au 2e et au 3e étage.

Le Parcours Rousseau au 1er étage a été complètement repensé. Il regroupe textes, films, photographies, illustrations et musiques pour renouveler notre approche de l’œuvre de Rousseau. Scénographié par l’architecte zurichois Tristan Kobler du bureau Holzer Kobler, et co-scénarisé par deux spécialistes de Rousseau – Martin Rueffet Guillaume Chenevière–, le parcours perpétue et actualise la pensée du philosophe en la confrontant aux défis de notre époque: éducation, nature et environnement, laïcité, citoyenneté, bonheur.

Guillaume Chenevière, journaliste, directeur de théâtre, directeur TSR.. 

Martin Rueff, poète, critique littéraire – Tristan Kobler, scénographe, Grand Prix suisse du Design de la Confédération, 2008 – acceptant le défi de « faire revivre la personnalité de Rousseau qui a placé la liberté au-dessus de tout dans un espace étroit pour un contenu trop riche »

Le parcours est constitué du vestibule et de sept niches thématiques liées à l’œuvre du penseur. Il révèle les paradoxes et les contradictions de la modernité naissante que Rousseau a pointés en éclaireur: ces paradoxes nous interpellent aujourd’hui plus que jamais. Le dispositif présente diverses étapes de la vie et de l’oeuvre de Rousseau, reliées entre elles par un ciel lumineux. L’activité infatigable de Rousseau, aussi bien physique et mentale, est rendue sensible par la projection d’un film recouvrant une paroi entière: paysages lentement parcourus, au rythme du marcheur, de saison en saison. La visite commence par les Visages Multiples de Rousseau – à chacun son Rousseau.

Les visages multiples de Rousseau (au vestibule et dans le parcours, masque mortuaire) dans la niche avec le ciel lumineux et la paroi de nature au fond.

La niche Enfance nous soumet à l’intolérable: le premier penseur de l’enfance abandonnera ses enfants. Avec Egalité/Liberté on se demande comment concilier les idéaux contradictoires de la démocratie contemporaine. Avec la niche Sentiment on rappelle que Rousseau fit de la passion le coeur de son anthropologie. Il y aura d’ailleurs un arbre à écouter des poèmes de Hölderlin, Byron…Rousseau comme précurseur du Romantisme.

La niche Nature expose un premier paradoxe: comment penser la nature de l’homme dans la nature si celle-là consiste à se détacher de celle-ci.

A droite l’herbier de Rousseau: Stephan Eicher l’avait imaginé lors du tricentenaire de Rousseau en 2012 avec toutes les plantes mentionnées dans l’oeuvre de l’écrivain.

Avec Genève on évoque un paradoxe croisé: l’adolescent qui a quitté Genève l’a toujours porté dans son coeur, et c’est à cinquante mètres du lieu de sa naissance à l’Hôtel de Ville que Genève a publiquement brûlé ses livres en 1762, peu avant son cinquantième anniversaire. Le parcours conduit au Bonheur, dernière niche qui interroge les conditions de réalisation du bonheur et se conclue avec Jean Starobinski, décédé pendant l’élaboration du parcours.

On y découvre également une série de films d’animation signés par l’artiste berlinoise Agnieszka Kruczek et les œuvres de quinze étudiant·e·s du Master Cinéma de l’ECAL/HEAD. Dans la droite ligne de ce parcours, la MRL propose des rendez-vous où des spécialistes de Rousseau échangent avec des écrivains ou des personnalités issues d’autres horizons (sociologues, psychiatres, historiens, musicologues…) sur des préoccupations contemporaines. Une expérience sensorielle à vivre avec des écouteurs.

Un programme riche en activité en ligne et en présentiel.

  • Portée par la veine citoyenne de Rousseau, la manifestation Écrire Pour Contre Avec conserve sa volonté d’aborder des thèmes de société en mêlant littérature et autres disciplines. Cette année, elle a pour thématique «Vieillir au 21e siècle».
  • En 2021: place aux femmes! Avec notamment Douna Loup et la sociologue Delphine Gardey, une soirée AgotaKristof avec la lecture du Grand Cahier par Valentin Rossier, des rencontres autour de Marguerite Duras et de Catherine Colomb, une table ronde sur la condition des femmes écrivaines aujourd’hui.
  • Côté festival, une nouvelle édition de la Fureur de lire se prépare.
  • Depuis cet hiver, une chaîne de podcasts diffuse «Les Rendez-vous de la MRL», avec un générique original composé par Guy-François Leuenberger. Ecrivains reconnus ou en plein envol, poètes, auteurs d’ici et d’ailleurs s’écoutent désormais en tout temps sur notre site et surles plateformes habituelles (soundcloud, spotify, apple) en accès libre. A noter lePodcast –Hommage à Philippe Jaccottet dès le 22 avril 2021. A retrouver le podcast de la rencontre avec Mathieu Corpataux et Emanuel Campo, animée par Thierry Raboud jeudi 25 mars 2021), ICI.
  • Autre grande nouveauté: des livres audio pour accéder autrement à la littérature. Trois livres de Luis Sepúlveda, lus et sonorisés par Guillaume Pidancet, inaugurent ce projet dès le mois d’avril. A l’écouter, ICI.

Les travaux de rénovation ont été exclusivement financés par des fonds privés. Le budget de fonctonnement est principalement garanti par une subvention du canton de Genève. La MRL est une Fondation de droit privé, avec un Conseil composé de onze membres et présidé par Manuel Tornare. Son équipe est formée de cinq personnes, en plus de la direction qui sera nommée ce printemps.

Fondation Manuel Tornare, president de la Fondation, Fondation – Sylviane Dupuis, membre de la Fondation et écrivaine, à gauche de Tristan Kobler

A (r)écoutez les podcasts:

Pour en finir avec l’universel partage – laissez-vous entraîner par la vision d’Antonio Rodrigue, poète et directeur du Printemps de la poésie, dans un voyage sonore et atmosphérique. écouter le podcast. Quand la fiction comble les trous de la mémoire familiale avec Romain Buffat et Daniel Maggetti (18 février 2021), ICI. – Beyrouth, entre vitalité et sidération avec Charif Majdalani et Marco Costantini (4 février 2021) ICI.-  Jean Starobinski, cent ans et deux nouveaux livres (17 décembre 2020), ICI.