Genève: Maison Rousseau & Littérature

La MRL se fait l’écho de l’émergence de nouvelles expressions, de collectifs d’auteurs et de toutes sortes de revendications en lien avec le statut de l’écrivain avec une programmation, ouverte aux différents genres littéraires. Elle donne une scène à la lecture sous différentes formes: lecture musicale, performée, dessinée. Des cycles thématiques rythment la saison.

Un cycle «Rousseau et la musique: l’invention de la liberté» nous conduira à une série de soirées musicales.

Prochain rendez-vous: Rousseau et la musique: l’invention de la liberté? une discussion autour de la musique de la discorde avec Brenno Boccadoro et Nancy Rieben mercredi 28 avril, 12h15. Entrée libre sur inscription, ICI.

La lecture musicale avec l’auteur et interprète Arno Camenisch a inauguré les soirées musicales dimanche 25 avril 2021.. L’auteur qui vit à Bienne, nous a lu des extraits de son dernier livre: « Derrière la gare » (éd. Quidam) racontant son enfance dans les montagnes des Grisons (Surselva) et des texts en français, allemand, italien et roma (Romantsch). Il était accompagné par l’excellent guitariste Roman Nowka.

En photo Arno Camenisch, Roman Nowka

Les portes de la MRL –Maison Rousseau & Littérature s’ouvrent mercredi 21 avril 2021 en veille ville de Genève

Ce lieu de débats et de rencontres pour célébrer la pensée visionnaire de Rousseau et propager la littérature et le goût de la lecture vous accueille de nouveau dans le lieu de la maison natale de Jean-Jacques Rousseau. Un lieu d’intersection des littératures locales, nationales et internationales avec un accent mis sur la création romande. Une maison des écrivaines et des écrivains, des artistes et des savoirs qui se trouve en plein cœur de la Cité, au 40 Grand-Rue.

Puits de lumière pour le Philosophe des Lumières

Après deux années de travaux, une bâtisse entièrement rénovée vous accueille désormais sur six étages. Imaginé autour d’un puits de lumière qui la diffuse à tous les étages, la rénovation de la maison reflète la ligne programmatique et invite à rêver le monde pour le réinventer. Un ascenseur pour relier les 6 étages qui évite de toucher les murs pour garder la mémoire des lieux.

Les traces dans le crépis – mémoire des anciennes structures porteurs, montrées par l’architecte Tiziano Borghini, GM Architectes Associés. L’escalier, espace de transition entre au rez-de-chaussée, avec à chaque étage une variante de papier peint du « herbier de Rousseau » de l’artiste belge Eva Le Roi.

Restitué à la population cette maison du 18e siècle qui englobe désormais deux entités: la maison d’écrivain et celle de la littérature suisse.

Au rez-de-chaussée un café ouvert à tous

Les bureaux au 4e, et trois studios au 5e sous les combles pour des résidences d’écrivains, dans la tradition des écrivains qui ont toujours trouvé refuge à Genève.

Lieu de débat: actualisé la pensée du philosophe en la confrontant aux défis de notre époque.

Deux salles destinées aux événements (rencontres, ateliers d’écriture, lectures, lectures musicales, performances, activités de médiation culturelle) au 2e et au 3e étage.

Le Parcours Rousseau au 1er étage a été complètement repensé. Il regroupe textes, films, photographies, illustrations et musiques pour renouveler notre approche de l’œuvre de Rousseau. Scénographié par l’architecte zurichois Tristan Kobler du bureau Holzer Kobler, et co-scénarisé par deux spécialistes de Rousseau – Martin Rueffet Guillaume Chenevière–, le parcours perpétue et actualise la pensée du philosophe en la confrontant aux défis de notre époque: éducation, nature et environnement, laïcité, citoyenneté, bonheur.

Guillaume Chenevière, journaliste, directeur de théâtre, directeur TSR.. 

Martin Rueff, poète, critique littéraire – Tristan Kobler, scénographe, Grand Prix suisse du Design de la Confédération, 2008 – acceptant le défi de « faire revivre la personnalité de Rousseau qui a placé la liberté au-dessus de tout dans un espace étroit pour un contenu trop riche »

Le parcours est constitué du vestibule et de sept niches thématiques liées à l’œuvre du penseur. Il révèle les paradoxes et les contradictions de la modernité naissante que Rousseau a pointés en éclaireur: ces paradoxes nous interpellent aujourd’hui plus que jamais. Le dispositif présente diverses étapes de la vie et de l’oeuvre de Rousseau, reliées entre elles par un ciel lumineux. L’activité infatigable de Rousseau, aussi bien physique et mentale, est rendue sensible par la projection d’un film recouvrant une paroi entière: paysages lentement parcourus, au rythme du marcheur, de saison en saison. La visite commence par les Visages Multiples de Rousseau – à chacun son Rousseau.

Les visages multiples de Rousseau (au vestibule et dans le parcours, masque mortuaire) dans la niche avec le ciel lumineux et la paroi de nature au fond.

La niche Enfance nous soumet à l’intolérable: le premier penseur de l’enfance abandonnera ses enfants. Avec Egalité/Liberté on se demande comment concilier les idéaux contradictoires de la démocratie contemporaine. Avec la niche Sentiment on rappelle que Rousseau fit de la passion le coeur de son anthropologie. Il y aura d’ailleurs un arbre à écouter des poèmes de Hölderlin, Byron…Rousseau comme précurseur du Romantisme.

La niche Nature expose un premier paradoxe: comment penser la nature de l’homme dans la nature si celle-là consiste à se détacher de celle-ci.

A droite l’herbier de Rousseau: Stephan Eicher l’avait imaginé lors du tricentenaire de Rousseau en 2012 avec toutes les plantes mentionnées dans l’oeuvre de l’écrivain.

Avec Genève on évoque un paradoxe croisé: l’adolescent qui a quitté Genève l’a toujours porté dans son coeur, et c’est à cinquante mètres du lieu de sa naissance à l’Hôtel de Ville que Genève a publiquement brûlé ses livres en 1762, peu avant son cinquantième anniversaire. Le parcours conduit au Bonheur, dernière niche qui interroge les conditions de réalisation du bonheur et se conclue avec Jean Starobinski, décédé pendant l’élaboration du parcours.

On y découvre également une série de films d’animation signés par l’artiste berlinoise Agnieszka Kruczek et les œuvres de quinze étudiant·e·s du Master Cinéma de l’ECAL/HEAD. Dans la droite ligne de ce parcours, la MRL propose des rendez-vous où des spécialistes de Rousseau échangent avec des écrivains ou des personnalités issues d’autres horizons (sociologues, psychiatres, historiens, musicologues…) sur des préoccupations contemporaines. Une expérience sensorielle à vivre avec des écouteurs.

Un programme riche en activité en ligne et en présentiel.

  • Portée par la veine citoyenne de Rousseau, la manifestation Écrire Pour Contre Avec conserve sa volonté d’aborder des thèmes de société en mêlant littérature et autres disciplines. Cette année, elle a pour thématique «Vieillir au 21e siècle».
  • En 2021: place aux femmes! Avec notamment Douna Loup et la sociologue Delphine Gardey, une soirée AgotaKristof avec la lecture du Grand Cahier par Valentin Rossier, des rencontres autour de Marguerite Duras et de Catherine Colomb, une table ronde sur la condition des femmes écrivaines aujourd’hui.
  • Côté festival, une nouvelle édition de la Fureur de lire se prépare.
  • Depuis cet hiver, une chaîne de podcasts diffuse «Les Rendez-vous de la MRL», avec un générique original composé par Guy-François Leuenberger. Ecrivains reconnus ou en plein envol, poètes, auteurs d’ici et d’ailleurs s’écoutent désormais en tout temps sur notre site et surles plateformes habituelles (soundcloud, spotify, apple) en accès libre. A noter lePodcast –Hommage à Philippe Jaccottet dès le 22 avril 2021. A retrouver le podcast de la rencontre avec Mathieu Corpataux et Emanuel Campo, animée par Thierry Raboud jeudi 25 mars 2021), ICI.
  • Autre grande nouveauté: des livres audio pour accéder autrement à la littérature. Trois livres de Luis Sepúlveda, lus et sonorisés par Guillaume Pidancet, inaugurent ce projet dès le mois d’avril. A l’écouter, ICI.

Les travaux de rénovation ont été exclusivement financés par des fonds privés. Le budget de fonctonnement est principalement garanti par une subvention du canton de Genève. La MRL est une Fondation de droit privé, avec un Conseil composé de onze membres et présidé par Manuel Tornare. Son équipe est formée de cinq personnes, en plus de la direction qui sera nommée ce printemps.

Fondation Manuel Tornare, president de la Fondation, Fondation – Sylviane Dupuis, membre de la Fondation et écrivaine, à gauche de Tristan Kobler

A (r)écoutez les podcasts:

Pour en finir avec l’universel partage – laissez-vous entraîner par la vision d’Antonio Rodrigue, poète et directeur du Printemps de la poésie, dans un voyage sonore et atmosphérique. écouter le podcast. Quand la fiction comble les trous de la mémoire familiale avec Romain Buffat et Daniel Maggetti (18 février 2021), ICI. – Beyrouth, entre vitalité et sidération avec Charif Majdalani et Marco Costantini (4 février 2021) ICI.-  Jean Starobinski, cent ans et deux nouveaux livres (17 décembre 2020), ICI.